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Courtiers immobiliers : Cafpi reste en tête face à Meilleurtaux

08.06.2013, source : Les Echos.fr

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Les deux premiers courtiers en crédit immobilier affichent des histoires bien différentes. Cafpi est leader mais son rival vient de changer de mains et affiche ses ambitions.

Tour de table

Cafpi est le plus ancien courtier immobilier en France. Il a été fondé en 1971 par la famille Assouline. « Cela nous confère autonomie et indépendance. La société a un ratio d’endettement très faible, car nos actionnaires sont capables de financer le développement sur fonds propres », indique Philippe Taboret, son directeur général. L’avenir pourrait toutefois s’écrire au pluriel pour le courtier, qui a déjà repoussé de nombreuses sollicitations. Une ouverture partielle du capital est envisagée pour les salariés à partir de 2016 et un développement en Europe pourrait justifier une croissance externe, à terme.

Fondé en 1999, Meilleurtaux a de son côté connu une histoire plus mouvementée : il a été repris à 50,14 % par les Caisses d’Epargne en 2007, qui rachètent les minoritaires en Bourse deux ans plus tard. Il vient de quitter le giron de BPCE pour le fonds Equistone Partners, accompagné de ses dirigeants arrivés mi-2011. Cependant, sa stratégie basée sur la diversification des activités et le recours aux franchisés n’a pas varié depuis deux ans.

L’activité

Les deux leaders français ont vu passer près de 7 % de la production de crédit immobilier en 2012 contre 6 % en 2011. Ils ont renforcé leurs présences dans un marché en forte baisse (- 26 % ), Cafpi restant toujours un pas devant. Sur le plan financier, les histoires divergent : Cafpi a connu un résultat net légèrement négatif en 2012 pour la première fois depuis vingt ans. « L’exploitation est rentable, mais nous avons fortement investi dans l’ouverture d’agences, le recrutement de personnels et le renforcement de nos services centraux. Cela nous permet d’enregistrer une hausse de 60 % de notre production de crédit sur un an au premier trimestre de cette année », indique Philippe Taboret. Meilleurtaux.com a terminé 2012 avec un bénéfice net de 1,5 million d’euros, une première depuis 2007. « Cela grâce à un plan d’économies mené l’an dernier : 33 agences encore détenues en direct ont été fermées ou transférées en franchise, et des postes supprimés au siège. Ces fermetures ont eu un effet positif sur le résultat, en contrepartie d’une production et d’un chiffre d’affaires temporairement à la baisse », explique Hervé Hatt, directeur général de Meilleurtaux.com.


Le réseau

Cafpi compte 160 agences en propre, plutôt dans les grandes villes et les zones littorales. Mais sa structure de coût reste relativement légère : sur 1.280 collaborateurs, deux tiers sont mandataires indépendants, rattachés à une agence. Le courtier compte parvenir à 200 points de vente d’ici à 2015. Et veut aussi ouvrir dans les petites villes une cinquantaine d’agences de « correspondants » : assureurs, conseillers en patrimoine, etc., pour qui le courtage sera une activité complémentaire.

Le réseau de Meilleurtaux.com est depuis l’an dernier entièrement en franchise. Il compte actuellement 170 points de vente répartis entre les franchisés et leurs « annexes » dans leurs zones géographiques respectives. « Nous pourrions idéalement compter entre 240 et 340 points de vente », affirme Hervé Hatt. Le maillage doit en particulier être complété en Ile-de-France.

Les produits

Depuis 2011, Meilleurtaux a commencé à se diversifier. Le courtage d’assurance-emprunteur pèse 25 % de son chiffre d’affaires. Il propose la restructuration de dette et développe son offre en crédit conso avec un comparateur en ligne.

L’approche de Cafpi est plus centrée sur l’immobilier. Outre le crédit, il se limite au courtage en assurance-emprunteur et au regroupement de crédits. « Nos clients viennent à 70 % de prescripteurs et nous les accompagnons dans une banque. Si nous nous lancions dans une offre de produits plus large, nous risquerions parfois de marcher sur les plates-bandes de nos partenaires », explique Philippe Taboret.

Edouard LEDERER, Les Echos, 06/06/2013

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