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Cosmétique : Jan Löning, le nouveau directeur général France d'Yves Rocher

26.02.2013, source : Les Echos.fr

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Joueur d’échecs émérite, Jan Löning a souvent un coup d’avance. Ce Français d’adoption savait-il, pour autant, qu’il deviendrait patron de Fnac.com, puis président d’Avis France et, depuis quelques semaines, directeur général France de la marque Yves Rocher ? Sans doute pas.

Mais son esprit d’analyse mêlé à son envie de faire bouger les choses a poussé, très tôt, cet Allemand d’origine à forger son propre destin. Sur les traces d’un père, haut fonctionnaire européen, brouillé avec sa famille pour avoir préféré au magasin de ses ancêtres outre-Rhin une carrière aux Pays-Bas et au Luxembourg. De quoi faire de Jan Löning un Européen convaincu, ému, dit-il, lorsque le Vieux Continent s’est vu décerner le prix Nobel de la paix.

D’ailleurs, avant d’intégrer l’entreprise, ce cérébral, qui se dépeint comme un « idéaliste réaliste », a d’abord rêvé d’institutions. « Jeune, j’étais fasciné par le monde académique et par l’univers d’organisations comme l’OCDE ou la Banque mondiale », raconte ce passionné d’histoire contemporaine, résolument ancré dans un XX e siècle « extraordinaire, où tous les dix ans le monde changeait de visage ». Mais son impatience, son besoin d’agir et l’envie de laisser son empreinte ont prévalu.

De prime abord, l’allure est posée, la simplicité, déconcertante, et le ton, authentique. « Il a une élégance allemande », murmure son entourage. Mais Jan Löning est aussi un homme d’action qui sait où il va.

De retour en Allemagne, son bac en poche, il souhaite dès 1984 explorer le sol français, voisin du Luxembourg de son enfance. Avec, là encore, une longueur d’avance - Erasmus ne sera créé que trois ans plus tard - il prend la plume, écrit aux universités, choisit Montpellier, « meilleure synthèse entre le soleil, l’enseignement et l’intérêt de la ville ». Car, déjà, Jan Löning analyse, jauge, voit loin.

Du conseil au terrain

Major de sa promotion en économie, il intègre HEC, y rencontre son épouse. Puis devient, en 1988, consultant chez Oliver Wyman. Dix ans d’aventure. Et deux temps forts : chez Bénéteau, il croise la patronne Annette Roux, dont la personnalité l’inspire. Et sa mission chez Chronofroid, filiale déficitaire de la SNCF finalement sauvée, décide ce stratège à se lancer. Son premier poste opérationnel ? Dans la galaxie PPR, il dirige, en 1997, la stratégie de Redcats, spécialiste de la vente à distance. Puis, en 1999, en pleine folie Internet, PPR le nomme chairman à Los Angeles du site MobilePlanet. Il garde la tête froide : « Je suis juste un artisan », dit-il. Mais l’Europe est sa patrie. Et il souhaite y voir grandir ses quatre garçons. Rentré en 2001, il prend en main Fnac.com, puis dirige la Fnac à l’international jusqu’à ce qu’un différend avec Denis Olivennes, alors PDG de l’enseigne, l’amène à démissionner. « Il défend ses idées, raconte Pascal Bazin, son patron chez Avis. C’est un meneur. Il est très respecté de ses équipes. Il a une vision globale de l’économie et des hommes. » Autant d’atouts pour Yves Rocher, une marque « authentique » à laquelle ce Français de coeur se dit déjà « très attaché ».

Laurance N’KAOUA, Les Echos, 22/02/2013

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