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Consommation : les « gagnants » et les « perdants » de la crise

23.10.2009, source : Les Echos.fr

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Les commerçants vont devoir s'y faire : l'impact né­gatif de la crise économique et financière sur le moral des ­consommateurs n'est pas près de s'estomper. Ainsi, selon une enquête d'opinion menée par le cabinet AlixPartners auprès de quelque 5.000 personnes dans cinq pays européens, près d'un Français sur deux (47 % ) dit ne pas anticiper de reprise économique avant 2012. Seuls les Allemands sont plus pessimistes, à 58 %. Et, au vu des conditions énoncées par les interviewés pour amorcer cette reprise - à savoir, une baisse du taux de chômage, une diminution du coût de la vie et une augmentation du salaire de base -, la sortie de crise relève presque de la quadrature du cercle. « Contrairement aux Etats-Unis, l'Europe ne connaîtra pas de phénomène de rupture de consommation, mais un redéploiement rapide et opportuniste des modes de ­consommation », tempère néanmoins Yahya Daraaoui, président de AlixPartners.


Habitudes modifiées

D'ores et déjà cependant, les trois quarts des personnes interrogées en France déclarent avoir modifié leurs habitudes. Les changements de comportement les plus souvent cités sont une hausse de la fréquence des courses effectuées dans les magasins discount (pour 41 % d'entre elles) et, a contrario, une diminution des achats dans des magasins de prestige (42 % ), des achats de produits de marque (47 % ) et des repas pris hors du domicile (53 % ). Une attitude partagée par nos voisins britanniques. L'étude « Shoppers 2012 », de l'Institute of Grocery Distribution (IGD) - une institution reconnue outre-Manche pour ses analyses sur le secteur de la grande consommation -, désigne en effet les « gagnants » et les « perdants » de la crise parmi les principaux réseaux de distribution. A la question « irez-vous moins souvent, autant ou plus » dans tel ou tel type de point de vente, les discounters ressortent avec un solde positif de 24 points, entre ceux des consommateurs qui disent qu'ils iront plus souvent et ceux qu'ils iront moins. Viennent ensuite les marchés fermiers (+ 19 % ), les sites marchands sur Internet (+ 16 % ) et les magasins spécialisés (+ 14 % ). Les magasins haut de gamme (- 11 % ), ceux de centre-ville (- 8 % ) et les parcs commerciaux de périphérie (- 4 % ) font, eux, figure de grands perdants.
A l'aune de ces tendances, la reconnaissance de l'image prix s'avère un enjeu majeur. Selon l'enquête menée sur ce thème par le cabinet OC & C pour la 3e année consécutive, en France, il ressort cinq leaders incontestables chacun dans leur secteur : Cdiscount pour le commerce en ligne, Brico-Dépôt pour le bricolage, Leclerc pour l'alimentation, Ikea pour l'ameublement et Décathlon pour le sport. Ce dernier fait même figure de champion toutes catégories en 2009. « C'est la seule enseigne qui non seulement est un champion de l'image prix mais qui, de plus, a réussi l'exploit de l'améliorer de manière significative », souligne OC & C. Pas de doute, face à des consommateurs adeptes d'une « nouvelle mobilité », pour reprendre l'expression d'AlixPartners, la compétition va être de plus en plus rude.

ANTOINE BOUDET, Les Echos le 22/10/09

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