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Conjoncture : les artisans du bâtiment pointent un décrochage

22.10.2012, source : Les Echos.fr

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C’est un nouveau cri d’alarme des artisans du bâtiment. Le secteur est en train de subir un « étouffement total », a estimé hier Patrick Liébus, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Au troisième trimestre 2012, l’activité a reculé de 1 % dans le secteur de la construction et dans celui de la rénovation, indique sa dernière note de conjoncture.

Les anticipations du dirigeant de la Capeb pour 2013 sont pires que celles établies pour cette année. « Pour 2012, d’après nos prévisions, nous serons à - 1 % au global », selon Patrick Liébus, qui craint « un recul de 3 % en 2013 ». Un scénario noir qui, selon lui, pourrait se traduire par la perte de 20.000 emplois.

Effondrement des mises en chantier (- 8,1 % ), baisse des carnets de commandes, difficultés de trésorerie pour un quart des entreprises : bien des voyants s’affichent au rouge selon la Capeb, qui doute de les voir revenir rapidement au vert. « On se prépare une ou deux années tendues », a commenté Sabine Basili, vice-présidente de la Capeb, chargée des affaires économiques. Face à l’aggravation de la crise, les propriétaires de logement reportent à des jours meilleurs leurs projets de rénovation et courent se réfugier dans l’épargne.

Le gouvernement les aurait encouragés dans cette démarche attentiste en décidant, l’été dernier, de doubler le plafond du Livret A... au grand regret de la Capeb. Quant au dispositif Duflot sur l’investissement locatif, qui sera inscrit dans la loi sur le logement discutée en avril prochain, il arrivera en décalage par rapport à l’urgence de relancer le secteur.

Enfin, les signaux envoyés le mois dernier aux Français par le Premier ministre, dans le cadre de la conférence environnementale, pour les faire changer de comportement, sont jugés trop faibles. La mécanique du tiers financeur, destiné à enclencher le vaste chantier de rénovation thermique dans l’habitat l’ancien (600.000 logements traités par an sur cinq ans), comporte « beaucoup d’incertitudes », a pointé Patrick Liébus. Celui-ci redoute de voir les grands opérateurs du secteur de l’énergie, via leurs filiales dans le bâtiment, s’accaparer ce marché. « Nous ne voulons pas que la maîtrise d’oeuvre soit rattachée à ce dispositif. Il faut l’encadrer pour éviter de mettre l’emprunteur en situation de complète dépendance », a-t-il demandé, redoutant une mise à l’écart des artisans.

Joël COSSARDEAUX, Les Echos, 17/10/2012

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