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Conjoncture : le moral des patrons de TPE est au plus bas

30.11.2012, source : Les Echos.fr

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Restaurateurs et professionnels de l’automobile parmi les plus pessimistes, selon le baromètre BVA-Aviva. Les chefs d’entreprise pointent avant tout l’impact de la conjoncture dégradée sur leur activité.

Le patronat alerte depuis des mois les pouvoirs publics sur la faiblesse des marges des entreprises et l’état très critique de leurs carnets de commande. Sur le terrain, notamment du côté des TPE, c’est bien la même impression qui domine. Selon les chiffres du nouveau baromètre BVA-Aviva pour « Les Echos », les patrons de TPE et les travailleurs indépendants sont une large majorité (57 % ) à se montrer pessimistes sur l’évolution de leur activité. Les plus inquiets sont les hôteliers, cafetiers et restaurateurs (71 % sont plutôt moins confiants) et les professionnels de l’automobile (70 % ) dont les secteurs sont davantage touchés par la crise que les professionnels de santé par exemple, ou les professionnels de services (avocats, consultants, architectes…). « La crainte de l’avenir s’atténue avec le niveau de diplôme et le niveau de revenus de ces professionnels. Ce qui explique que les médecins, mais aussi les avocats ou les consultants soient moins préoccupés par la situation économique », analyse Gaël Sliman, directeur général adjoint de l’institut BVA.

Le signe le plus inquiétant est le pourcentage de chefs d’entreprise de TPE qui reconnaissent ne pas être en ligne avec leurs objectifs : 44 % sont plutôt en dessous. Un chiffre qui grimpe à 67 % pour les professionnels de l’automobile (concessionnaires, garagistes), et à 60 % pour les hôteliers et restaurateurs qui souffrent de la baisse de la fréquentation dans leurs établissements. Dans la construction et le bâtiment, la situation est intermédiaire (un peu plus de 50 % sont en dessous de leurs objectifs), mais reste préoccupante.

Niveau de satisfaction élevé

« Il est frappant de voir que malgré toutes leurs difficultés, et en dépit du volume de travail et de l’énergie dépensée, ces professionnels ne changeraient pour rien au monde leur statut d’indépendant pour devenir salarié », remarque Gaël Sliman. En effet, 75 % des interrogés sont satisfaits de l’exercice de leur profession au quotidien. Et même dans les secteurs les plus touchés par la crise, ce niveau de satisfaction reste élevé : 66 % pour les professionnels de l’automobile, ou encore 68 % pour les restaurateurs.

Quant aux facteurs économiques qui les préoccupent le plus, ce n’est ni le coût du travail (qui n’arrive qu’en 4 e position) ni l’évolution de la fiscalité (2 e) mais bien l’impact d’une conjoncture à l’arrêt. Même les coûts externes (prix de l’énergie, immobilier…), pourtant en hausse importante ces dernières temps et qui pèsent dans les comptes des entreprises, n’arrivent qu’en sixième position.

Marie BELLAN, Les Echos, 28/11/2012

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