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Conjoncture : au-delà des aléas liés à la météo, la consommation des ménages reste terne

04.06.2012, source : Les Echos.fr

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La consommation des ménages en biens a progressé de 0,6 % en avril, après avoir chuté de 2,6 % en mars. Cette reprise est imputable aux dépenses énergétiques, explique l’Insee. Les achats en produits manufacturés sont à nouveau en baisse.

Après sa lourde chute en mars, (-2,6 % ), la consommation des ménages en biens est repartie légèrement à la hausse en avril, progressant de 0,6 % en volume, a annoncé hier l’Insee. Vu le contexte de hausse persistante du chômage et de pression sur les salaires, cette progression pourrait presque faire bonne figure.

Sauf que la lecture détaillée des postes de dépenses n’a, en réalité, rien de rassurant. Le rebond est largement imputable à la consommation énergétique. Les températures inférieures aux normales saisonnières ont contraint les Français à rallumer le chauffage : les dépenses en gaz, électricité et fioul ont rebondi de 10,2 % sur un mois. Depuis le début de l’année, l’énergie ne cesse de faire du yo-yo au gré de la météo (+11,5 % en février, suivi d’un contrecoup de -11,8 % en mars).

Hors énergie, le tableau est bien moins séduisant : les dépenses en produits manufacturés se replient (-1,3 % ) pour le deuxième mois de suite. Tous les postes sont en baisse à l’exception de l’équipement du logement (+1,1 % ). La chute est particulièrement lourde pour le secteur de l’habillement.

La consommation de textile-cuir recule de 8,2 %, la météo très pluvieuse ayant été défavorable aux achats de vêtements printemps-été, explique l’Insee. Elle retombe ainsi à son plus bas niveau depuis janvier 2002. S’appuyant sur des données provisoires, l’Institut français de la mode (IFM) avait récemment fait état d’une chute des ventes d’environ 15 % (en valeur) sur un an, avril ayant en outre compté un samedi de moins que l’an dernier. Qui plus est, la crise économique n’épargne pas ce secteur . « Depuis 2008, nous avons enregistré quatre années consécutives de repli de la consommation », rappelle-t-on à l’IFM.


Peu d’optimisme pour l’avenir

Les perspectives ne prêtent pas à l’optimisme. Dans sa note de conjoncture de mars, l’Insee anticipait une stagnation de la consommation globale (biens et services) au deuxième trimestre, après la maigre hausse (+0,2 % ) du début d’année. Avec la récente baisse du prix des carburants et l’amélioration de la confiance des ménages, Alain Carbonne (Natixis) prévoit tout de même un léger redressement de la consommation en produits manufacturés au printemps. Mais « la stagnation du revenu des ménages ne laisse entrevoir aucune augmentation significative de la consommation à moyen terme », poursuit l’économiste. Et la progression continue du nombre de demandeurs d’emploi n’est pas de nature à inciter les Français à puiser dans leur épargne.


Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, le 01/06/2012

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