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Commerces : le shopping est bien l'un des piliers du tourisme à Paris

12.01.2014, source : Les Echos.fr

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Les touristes étrangers dépensent en moyenne 26 euros par jour dans les magasins parisiens.

La tour Eiffel ne leur suffit plus. Plus de la moitié des touristes étrangers en visite à Paris s’adonnent aussi aux plaisirs du shopping et 15 % ont même choisi de visiter la capitale à cette seule fin. Telles sont les conclusions de l’étude de l’Office de tourisme de Paris (OTCP), opportunément dévoilée le 7 janvier en plein débat sur l’ouverture dominicale des commerces. « Derrière le romantisme qu’on vend aux Chinois, il y a souvent des sacs à main », rappelle Christian Mantei, le directeur général d’Atout France, organisme chargé de la promotion. Cet engouement pour le shopping - et en particulier le luxe - est évidemment une tendance qu’aspirent à encourager élus et professionnels du tourisme et du commerce parisien. Reste à savoir comment.

« Il y a de fortes différences dans les pratiques de shopping selon les nationalités », remarque Thierry Le Roy, le président de l’Office du tourisme. Les Moyen-Orientaux, qui trustent le « triangle d’or » (autour des Champs-Elysées), sont les plus assidus dans les boutiques : 74 % pratiquent le shopping avec un panier moyen de dépenses avoisinant les 187 euros. Plus surprenant, les Mexicains se laissent massivement tenter par les enseignes de la capitale. Quant aux Asiatiques, plus de 60 % fréquentent les magasins, qui étaient de toute façon l’une de leurs motivations premières pour venir à Paris.

« Les plus gros consommateurs sont aussi ceux dont la part progresse le plus à Paris. Les touristes chinois, dont le nombre a triplé depuis 2011, sont ceux qui consacrent la plus grosse part de leur budget journalier au shopping, avec 59 euros en moyenne », détaille l’étude. Soit 6 fois plus qu’un touriste français. Trois pays des BRIC se situent également dans le Top 5 des pays les plus dépensiers. Si l’on ne prend en compte que les touristes qui bénéficient de la détaxe (il faut acheter pour plus de 175 euros dans une même boutique), on constate que les Chinois dépensent 1 508 euros par séjour à Paris, les Thaïlandais 1 470 et les Russes 1 040. « Les touristes dépensent en moyenne 26 euros par jour, c’est un panier moyen moins important que dans d’autres pays, il y a une marge de progression », estime Philippe Solignac, président de la CCI de Paris.

L’offre commerciale parisienne doit-elle être améliorée ?

L’OTCP constate de « forts contrastes entre les quartiers », les magasins se concentrant aux abords des zones touristiques. Mais juge la densité suffisante : 76 commerces pour 10 000 habitants. Dans le Grand Paris, la moyenne grimpe à 104 commerces pour 10 000 habitants, contre 72 dans le Grand Londres. Et c’est loin d’être terminé puisque selon l’étude, Paris s’enrichira bientôt de 200 000 mètres carrés supplémentaires via 32 opérations.


L’ouverture dominicale en question

Globalement, l’offre de shopping satisfait les touristes à 92 %. « Nous n’avons pas reçu de plaintes ni constaté de fuite à l’étranger pour cause de boutiques fermées . Il y a quand même des magasins ouverts le dimanche à Paris », affirme Thomas Deschamps de l’OTCP pour circonscrire le débat sur l’ouverture dominicale qui s’ouvrira fin 2014 à l’Assemblée. Paris possède en effet 7 zones touristiques dans lesquelles des magasins sont ouverts le dimanche. En y ajoutant les commerces de bouche, ouverts le matin, cette proportion grimpe encore. Mais elle est encore insuffisante, selon la CCIP et l’OTCP, pour lesquels une extension de l’ouverture dominicale « représenterait un intérêt supplémentaire pour les touristes ». Les deux principales candidates à la succession de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet, ont toutefois promis de se pencher sur la question.

Laurence ALBERT, Les Echos, 08/01/2014

Nocturnes : Printemps Haussmann attaqué sur la fermeture à 22 heures

L'intersyndicale du commerce de Paris Clic-P, qui regroupe notamment la CGT et la CFDT, associée au comité d'entreprise, a annoncé le 7 janvier avoir assigné en justice le Printemps Haussmann pour non-respect des règles sur le travail nocturne. Est en cause la nocturne du jeudi, qui s'étend jusqu'à 22 heures, contre 21 heures pour les Galeries Lafayette voisins. La loi, plaide l'intersyndicale, stipule que le recours au travail de nuit, après 21 heures, doit être justifié par la nécessité d'assurer la continuité de l'activité économique ou des services d'utilité sociale. Clic-P a déjà obtenu la fermeture à 21 heures de la parfumerie Sephora des Champs-Elysées, puis des Galeries Lafayette et du BHV. Une audience devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris est prévue le 23 janvier.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/01/2014

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