Les secteurs

Commerce, téléphonie : la plupart des marques ne répercutent pas la hausse de TVA

05.01.2014, source : Les Echos.fr

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Carrefour, Leclerc, Darty comme Bouygues Telecom n’augmentent pas leurs prix dans l’immédiat suite à la hausse de la TVA.

Pierre Moscovici a toutes les chances d’être exaucé. Le ministre de l’Economie avait demandé mi-novembre aux distributeurs de ne pas répercuter les hausses de TVA du 1er janvier. Au nom d’un « engagement civique », avait-il déclaré sur RTL. A la veille de l’entrée en vigueur de la mesure, la plupart des enseignes ont confirmé aux « Echos » qu’elles n’augmenteront pas leurs prix le 2 janvier. Et elles ne sont pas les seules.

Distribution

Chez Carrefour, on ne le crie pas sur les toits, mais on indique qu’il n’y a pas de hausse des tarifs liée à la TVA (les nouvelles taxes sur les boissons alcoolisées et énergisantes seront, elles, répercutées). La première enseigne française n’avait pas le choix puisque son concurrent direct, Leclerc, avait annoncé dès le 11 décembre qu’il allait « différer » la hausse de la TVA. Sans surprise, dans un marché aussi concurrentiel, Intermarché, Casino et les autres emboîtent le pas. Si, pour ces géants de l’alimentation, le sujet est atténué par le fait que les denrées alimentaires restent assujetties au taux réduit de 5,5 % , ce n’est pas le cas pour les spécialistes du non-alimentaire, qui vont passer de 19,6 % à 20 %. Mais eux non plus ne bougent pas. C’est la politique du géant de l’électroménager Darty, mais aussi des chaînes de vêtements. Du moins, dans l’immédiat. Pour ces dernières, cette augmentation de 0,4 % va intervenir en effet en pleine période de soldes (du 8 janvier au 12 février). D’ici à cette date, il ne se passera donc rien. De plus, les Français ont réduit en 2013 leurs achats de vêtements pour la sixième année d’affilée. Les soldes ou les promotions pèsent désormais 40 % du marché, contre 20 % en 2000. « Les temps sont durs, relève Jean-Marc Génis, de la Fédération des enseignes de l’habillement. Tout le monde se bagarre sur les prix, avec des ristournes de 30 % à 40 %. Cette hausse de 0,4 % de la TVA ne devrait donc pas être appliquée. »


Téléphonie

A l’heure de la crise et de la bataille sur les prix, la messe est dite. Même credo chez les opérateurs de téléphonie, qui ont subi en 2013 la déferlante Free. Les politiques tarifaires varient. Mais tous n'ont pas répercuté pas la hausse de 0,4 point du taux normal le 1er janvier. SFR et Bouygues Telecom ont été clairs à ce sujet. Aucune de leurs offres, ni dans le fixe ni dans le mobile, n'a vu son prix augmenter. Free n'a pas donné d’indication sur les prix pratiqués à partir du 1er janvier. Numericable a, en revanche, prévenu qu’il augmenterait ses prix de 1 à 3 euros sur ses offres « triple play ». Chez Orange, les clients du fixe voient leur abonnement grimper de 6 à 20 centimes selon la formule. Pour les autres offres d’Orange dans le mobile, la hausse de la TVA ne s'est pas répercutée. Dans le secteur des télécoms, l’augmentation de la taxe est à manier avec précaution, car elle peut permettre au client de résilier son abonnement sans frais et sans délai.


Restauration

Pour la restauration, qui doit elle passer de 7 à 10 % de taux de TVA, soit un surcroît de 3 %, l’exercice n’est pas moins cornélien en période de baisse de la fréquentation. « On a de tout », prévient le président de l’organisation patronale Synhorcat, Didier Chenet. Certains restaurateurs répercutent automatiquement la hausse. D’autres ont commencé à lisser leurs prix, tandis que d’autres, encore, attendent le changement de carte du printemps. Un délai qui montre bien que si, pour les grands secteurs de la consommation, la répercussion n'est pas immédiate, elle pourrait tout de même être effective dans quelques mois. Le temps pour les entreprises de la masquer derrière la mise en vente de nouveaux produits ou services…

Philippe BERTRAND, Dominique CHAPUIS, Romaine GUEUGNEAU et Christophe PALIERSE, Les Echos, 31/12/2013

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