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Commerce spécialisé : Darty rechute en France

23.05.2013, source : Les Echos.fr

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Les ventes ont baissé de 2,7 % au dernier trimestre. Mais l’enseigne fait mieux que le marché.

L’éclaircie du troisième trimestre aura été éphémère. Au cours des trois derniers mois de l’année, correspondant à la fin de son exercice clos le 30 avril, Darty a vu ses ventes baisser de 2,7 % à magasins comparables en France, pays qui représente désormais le coeur de son activité (73 % du chiffre d’affaires). Lors du trimestre précédent, on avait assisté à un léger rebond (+ 0,4 % ). Mais dans le contexte actuel de crise, le marché de l’électronique grand public a poursuivi son effondrement et celui de l’électroménager, jusqu’alors protégé, s’est mis, lui aussi, à baisser.

Autre explication de la rechute de l’enseigne au contrat de confiance : la baisse de la pression promotionnelle. Jusqu’en janvier celle-ci avait contribué à tirer les ventes, mais avait entraîné une diminution de 1,1 point de la marge à l’origine d’un avertissement sur résultats. « Le résultat ajusté avant impôt [...] pour l’exercice s’achevant le 30 avril 2013 ne devrait pas atteindre la partie basse de la fourchette des prévisions » (soit 30 millions d’euros), indiquait alors l’entreprise dans un communiqué.

Pour le dernier trimestre, il n’est pas illogique que la baisse des ventes dans l’Hexagone aille de pair avec une hausse de 1 point du taux de marge brute, même si sur le plan du groupe, celle-ci recule de 0,2 point.

Recentrage

Le nouveau directeur général, Régis Schultz, arrivé le 23 avril, a logiquement endossé, dans le communiqué publié hier, la stratégie de cession ou fermeture des foyers de pertes italiens et espagnols décidée par l’actionnaire principal Knight Vinke et conduisant au recentrage sur la France et le Benelux. « J’adhère pleinement au plan Nouvelle confiance [...]. L’objectif est de restaurer la valeur actionnariale en éliminant les pertes [...], d’augmenter la rentabilité dans nos activités coeur de métier et d’améliorer la maîtrise de nos coûts », indique-t-il.

Au vu des performances françaises, l’ancien patron de But a du pain sur la planche. Même s’il peut d’ores et déjà s’appuyer sur quelques éléments positifs : des gains de parts de marché en France, là où la concurrence s’affaiblit, y compris celle des pure players du e-commerce (Virgin met la clef sous la porte, Amazon a arrêté la vente d’électroménager, Pixmania est menacé de fermeture) ; une croissance des ventes sur Internet qui représente 13 % de l’activité ; la très bonne tenue des filiales belge et néerlandaise, Vanden Borre et BBC progressant respectivement en comparable de 5,1 % et 3,7 % au dernier trimestre.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 22/05/2013

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