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Commerce alimentaire : l'été pourri plombe les ventes de glaces

07.08.2012, source : Les Echos.fr

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Les ventes de glaces dégringolent, victimes d’une météo peu clémente dans l’Hexagone. La profession s’attend à finir l’année sur une croissance nulle, voire un recul de 5 %.

Le soleil finira-t-il par se caler au beau fixe ? Telle est l’interrogation partagée par les fabricants de glaces en cette période de météo peu clémente. « La saison est mal engagée », déplore Christian Millet, secrétaire général du Syndicat des fabricants de glaces. Pour parer à la dégringolade des ventes, les producteurs misent à présent sur une météo plus clémente au mois d’août.

Au printemps déjà, les ventes ont déçu : les volumes ont chuté de 15 % par rapport à ceux écoulés en 2011, et l’été ne s’annonce pas meilleur. « En 2011, nous avons eu un très beau printemps qui avait compensé la mauvaise météo de l’été, cette année, nous avons eu un mauvais mois de juin, puis un mauvais mois de juillet, reste à espérer qu’août sera bon », souligne Christian Millet.

Chez Unilever, numéro un de la glace en France, les ventes depuis le début de l’année jusqu’à la mi-juillet ont chuté de 7 % en valeur par rapport aux performances enregistrées l’an passé. « Le contexte est défavorable, mais nous n’avons pas observé de décrochage majeur par rapport à 2011 », tempère Nicolas Dron, directeur de la division snacking chez Unilever. L’an dernier toutefois avait été peu représentatif, avec un printemps encourageant, mais, déjà à l’époque, un été pourri. Nestlé, numéro deux sur le marché, n’a pas souhaité détailler ses chiffres.

Cette saison, selon la profession, ce sont surtout les ventes de glaces en bâtonnet qui ont plongé, soit 17 % de ventes en moins en volume par rapport à l’année passée. Les sorbets et les glaces à l’eau pâtissent aussi de la mauvaise météo. Avec les glaces en bac, les producteurs s’en sont un peu mieux sortis puisque les achats ont reculé de 12 % par rapport à 2011. Mais les espoirs sont encore permis. « Au cours de la semaine du 14 au 22 juillet, les ventes ont progressé de 30 % », relève Nicolas Dron, ceci grâce à une accalmie de la météo. Le mois d’août sera donc crucial pour les producteurs qui réalisent 50 % de leur chiffre d’affaires annuel sur la période de juin à août.


Produits plus sophistiqués

Pour limiter l’impact saisonnier, les producteurs de glaces comptent sur des produits plus sophistiqués, en principe moins sensibles à la météo. Cette saison, « tout ce qui est plus élaboré a une tendance plus positive, cela se rapproche plus d’une consommation de chocolat », observe Nicolas Dron. Pour bénéficier de cette tendance, Unilever mise sur ses marques phares telles que Magnum, qui totalise près de la moitié du chiffre d’affaires de sa division glaces, ou encore Ben & Jerry’s qui gagne chaque année 1,3 point de part de marché sur ses concurrents.


Reste à savoir si les producteurs de glaces parviendront à atteindre leurs objectifs à la fin de l’année. Chez Unilever, on reste optimiste grâce à un « rebond du marché », pressenti au mois d’août, comme fait valoir Nicolas Dron. Le Syndicat des fabricants de glaces est plus circonspect. « Si le mois d’août est bon et si les ventes de bûches en fin d’année se portent bien, on devrait observer soit une stabilisation des ventes par rapport à 2011, soit un recul de près de 5 %  », a prévenu Christian Millet.

Uniliver et Nestlé dominent le marché

Les deux géants du secteur détiennent respectivement 30 % et 20 % du marché de la glace en France, loin devant le groupe General Mills, propriétaire de la marque Häagen-Dazs, qui représente 7 % du marché.
En 2011, environ 225 millions de litres de glaces ont été écoulés dans l'Hexagone pour un chiffre d'affaires qui atteint 1,9 milliard d'euros.
L'activité a bénéficié des bonnes performances des marques phares d'Unilever et de Nestlé : Magnum et Extrême.


S. W. , Les Echos, le 07/08/2012

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