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Combien gagnent les indépendants ?

17.08.2010, source : Les Echos.fr

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Quels sont les vrais revenus des indépendants ? Le point avec une étude très complète de l’Insee.

Si en France, on n’aime pas dévoiler ses revenus, avoir une idée de combien gagnent les indépendants est un bon indicateur pour les créateurs et chefs d’entreprise. Une étude de l’Insee fait le point sur leurs revenus 2007 (dernières données disponibles). Ces données montrent une véritable disparité entre eux…


28 400 euros par an en moyenne

La population des travailleurs indépendants du commerce, de l’industrie, du BTP et des services augmente de 2 % par an environ entre 2002 et 2007 pour atteindre 1,5 million en 2007. Leur revenu d’activité moyen est de 28 400 euros par an, mais pour 13 % d’entre eux, il est nul ou négatif. De 2005 à 2007, le revenu moyen s’accroît en euros constants de 1,9 % par an. Pour les indépendants actifs tout au long de cette période, l'évolution du revenu est plus dynamique (+ 3,3 % par an en euros constants), surtout dans le BTP (+ 4,2 % ) et les services (+ 3,8 % ). Elle est par contre légèrement négative pour les pharmaciens (− 1,8 % ).


Une grande disparité

En 2007, les non-salariés perçoivent en moyenne 28 400 €, mais cette somme atteint 34 500 € en excluant les rémunérations nulles ou négatives. En effet, environ 13 % des indépendants déclarent un revenu négatif ou nul, la moitié perçoit un revenu inférieur ou égal à 16 600 € et 10 % dégagent un revenu supérieur à 63 100 €. Des chiffres qui montrent que l’écart des revenus est largement plus important entre indépendants (écart de 6,5 entre le revenu le plus bas et le revenu le plus haut) qu’entre salariés (écart de 2,7). Ce poids des hauts-revenus et des écarts entre non-salariés par rapport aux salariés se retrouve essentiellement dans certains secteurs, notamment chez les professions libérales, l’immobilier et le commerce de gros.

Comment s’expliquent ces disparités ? Tout d’abord par le secteur même d’activité. Les revenus moyens varient de 12 800 € dans les activités du spectacle ou 18 300 € dans le commerce de détail à 90 600 € pour les pharmaciens et 108 600 € pour les juristes. Les professionnels de la finance (62 300 €) et les autres professions libérales (architectes, experts-comptables, consultants) se situent au-dessus de la moyenne (45 500 €). Les métiers de bouche (boulangers, bouchers, charcutiers...) et les artisans du BTP se situent à un niveau intermédiaire avec respectivement 26 900 € et 28 700 €.
Autre facteur de disparité, l’âge de l’entreprise. Comparée à une entreprise créée dans l’année, celle qui a plus de cinq ans d’existence procure à son dirigeant, toutes choses égales par ailleurs, un revenu d’activité supérieur de 153 %. Créateurs, si vos premières années sont des années de vaches maigres… patience ! Cette « prime à l’ancienneté » joue surtout dans le secteur des services, et est la plus faible dans le BTP.
Enfin, les inégalités entre hommes et femmes jouent aussi… encore ! Les hommes non salariés perçoivent un revenu d’activité supérieur de 35 % à celui des femmes, toutes choses égales par ailleurs.


Le revenu moyen progresse

Au cours de la période 2005-2007, le revenu moyen d’activité des non-salariés de l’industrie, de la construction, du commerce et des services s’accroît de 1,9 % par an en euros constants. Cette augmentation s’explique tout d’abord par la réduction de revenus négatifs ou nuls (qui passe, en deux ans, de 14 % à 12,6 % ) et d’autre part, par la croissance du revenu moyen des non-salariés déclarant des revenus strictement positifs (+ 1,2 % - tableau 2). Toutefois, sur la même période, le revenu salarial moyen des salariés à temps complet du secteur privé s’accroît de 2 % l’an, en euros constants.
Suivant la même courbe que la conjoncture sectorielle, les revenus des indépendants progressent plus ou moins vite selon les secteurs. Les revenus des non-salariés augmentent davantage dans l’hôtellerie-restauration (+ 4,3 % ), les services aux entreprises (+ 3,1 % ), le BTP (+ 2,6 % ), le commerce de détail (+ 3,7 % ) et le commerce de gros (+ 5,8 % ) que dans certains services aux particuliers − blanchisserie, coiffure, beauté − (+ 0,4 % ).
Au sein du commerce de détail, le revenu d’activité des métiers de bouche − boulangers, bouchers, charcutiers − et des pharmaciens tend à baisser en moyenne (entre − 1,1 % et − 3,7 % par an en euros constants).


Pour retrouver l’étude complète de l’Insee

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1306


Valérie Talmon, les Echos Entrepreneurs, le 10.08.10

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