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Coiffure : Jean-Claude Biguine sous le coup d'une enquête pour abus de biens sociaux

24.10.2012, source : Les Echos.fr

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Dans le milieu éthéré de la coiffure, les crêpages de chignon se font dans la discrétion ! Selon nos informations, suite à la dénonciation devant le procureur de la République de Paris, en novembre 2011, de soupçons d’abus de biens sociaux et d’abus de confiance à l’encontre de son ancien employeur, Jean-Claude Biguine, Stéphane Georgeon, l’ex-directeur général des salons de coiffure du même nom, licencié un an plus tôt, a été entendu par la brigade financière en mai dernier. « Les faits dénoncés sont là », confirme aux « Echos » une source policière, qui indique que l’enquête suit son cours.

Contactés, Stéphane Georgeon et Jean-Claude Biguine ont réagi par l’intermédiaire de leurs conseils. « Le procureur a jugé les faits suffisamment sérieux pour ouvrir une enquête et pour que la brigade financière se livre à des investigations », confirme Maître Avi Bitton, le nouvel avocat de l’ancien dirigeant. Maître Aurélien Hamelle, avocat du fondateur et propriétaire de la franchise qui porte son nom, indique que « Jean-Claude Biguine a appris l’existence de cette dénonciation très récemment à l’occasion d’une procédure aux prud’hommes. Il réfute ces accusations, est très serein et attend de pouvoir s’expliquer ».

Le Haut conseil au commissariat aux comptes saisi

Jean-Claude Biguine devrait donc répondre des accusations portées contre lui par Stéphane Georgeon, qui a travaillé huit ans à ses côtés. Selon nos informations, ce dernier aurait notamment pointé des commissions occultes touchées par le patron de la chaîne de salons de coiffure sur certains marchés, ou encore des opérations de cessions à vil prix puis de rachats au prix fort de salons à des membres de sa famille.

L’ancien directeur général a, en outre, saisi le Haut conseil au commissariat aux comptes (H3C) sur les agissements des commissaires aux comptes de Biguine qui auraient, au mépris des règles déontologiques, négocié la cession de l’entreprise à Dessange International. Interrogé, le H3C n’a pas souhaité commenter. Pas plus que Dessange. Toutefois, un proche de Benjamin Dessange confirme aux « Echos » qu’il y a bien eu des discussions, mais que celles-ci ont rapidement achoppé car le dossier Biguine ne correspondait pas aux attentes de Dessange et le prix demandé était hors de propos.

Antoine BOUDET, Les Echos, 18/10/2012

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