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Coiffure : Franck Provost redevient 100 % français

10.10.2012, source : Les Echos.fr

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Le groupe de salons de coiffure s’allie au fonds d’investissement Chequers pour racheter la part de l’américain Regis au sein de Provalliance et accélérer son expansion.

Le coiffeur Franck Provost est à l’initiative d’une vraie « success story » à la française. Et c’est pour conforter ce développement qu’il vient de s’allier avec le fonds d’investissement Chequers. Au sein de Provalliance, né en 2008 du rapprochement des activités européennes du groupe de coiffure américain Regis et du groupe Franck Provost, l’actionnariat redevient purement français.

Regis souhaitant se recentrer sur les Etats-Unis, il sort de Provalliance dont il détenait 48 % ; suite au rachat de ses parts pour 80 millions d’euros, la famille Provost et dans une faible proportion ses managers s’adjugent 60 % du capital et Chequers prend les 40 % restants. « Notre progression est très soutenue et nous ne pouvions assurer seuls cette croissance ; nous sommes ravis d’avoir trouvé un partenaire qui partage notre vision », souligne Franck Provost. De son côté Guillaume Planchon, directeur de Chequers, observe que, « avec le retrait de Regis d’Europe, Provalliance, déjà leader européen de la coiffure, peut avoir l’ambition de devenir le numéro un mondial ».

Une fine segmentation des enseignes

Provalliance compte aujourd’hui 2.600 salons dans 35 pays, dont 1.700 en France. Son développement est mixte, avec 420 succursales et des franchisés. Le tout a généré 1 milliard de chiffre d’affaires en 2011, avec une croissance très modeste de 1,5 % attendue cette année, dans un contexte de crise et à périmètre constant. Le groupe fait travailler 20.000 personnes dont 3.500 dans ses propres salons, et coiffe plus de 30 millions de clients dans le monde.

Sa réussite tient notamment à son sens du marketing, avec une segmentation fine de ses enseignes : sur le haut du panier, on trouve Maniatis ; puis sur le haut de gamme Provost (650 salons), Jean Louis David (plus de 1.000), Niwel, marque dédiée aux femmes noires ou nord-africaines ; sur le moyen de gamme on a Saint Algue (279), le coiffeur des Miss France, Fabio Salsa très présent dans les centres commerciaux, et Intermède plus spécialisé sur la coloration ; enfin sur le low cost, on trouve Coiff&Co et Interview.

Former un groupe de services dans la beauté

« Cette année, nous ouvrons encore 200 salons dans le monde. Notre ambition est d’étendre à l’international nos marques de luxe mais aussi d’élargir nos activités pour constituer un groupe dédié aux services à la personne dans l’univers de la beauté et du maquillage. Enfin, nous allons développer nos licences, notamment Provost avec l’Oréal et Saint Algue avec Henkel », poursuit le fondateur du groupe qui vient de racheter l’espace « Bleu comme bleu », précédemment détenu par Sophie Séguéla.

Autant dire que l’expérience et les moyens de Chequers seront précieux pour atteindre ces objectifs. Le fonds d’investissement 100 % français créé en 1972 a déjà accompagné avec succès Dior, Bolloré, Grand Optical, Elior, Vivarte... et gère 2 milliards d’euros de fonds. L’image de la France dans la coiffure est très reconnue à l’étranger et le nouveau tandem au sein de Provalliance, compte bien en tirer profit.

Les chiffres clefs de la coiffure

Le marché de la coiffure mondial représente 115 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont un tiers réalisé en Europe, un tiers aux Etats-Unis, un tiers dans le reste du monde, en particulier en Chine, en Inde et au Brésil.Le marché de la coiffure français s’adjuge 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, avec 55.000 salons, dont 90 % sont indépendants.

Martine ROBERT, Les Echos, 04/10/2012

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