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Cinémas, coiffeurs, cafés : l'espace rural n'est pas si mal loti

09.09.2010, source : Les Echos.fr

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L‘Insee, qui s'est intéressé au développement des services marchands sur le territoire entre 1993 et 2008, observe une réduction des inégalités entre le monde urbain et le monde rural.

Les services marchands aux particuliers se développent fortement depuis 2000, et ce surtout dans les zones rurales. Le nombre d'établissements a crû chaque année de 2,2 %  entre 2000 et 2008, signale l'Insee dans une récente étude. Cette progression, sur une échelle de temps plus longue (1993-2008), est de 0,6 % dans les territoires urbains, ce qui est nettement moins que la hausse (+ 1 % ) observée dans les espaces ruraux.


Essor immobilier

Au regard de leur poids démographique (12,5 % de la population métropolitaine), les « campagnards » ne sont pas tellement moins bien lotis que ceux des villes, notamment pour ce qui est de l'offre de cinémas, de cafés et de coiffeurs. L'espace rural isolé regroupe ainsi 17 % des débits de boissons et cafés-tabacs, nous apprend l'Insee. Il abrite également 13 % des salons de coiffure implantés dans l'Hexagone. Et il n'est pas non plus passé à côté de l'essor immobilier qui caractèrise cette longue période : 8 % des agences immobilières contre 5 % en 1993 sont implantées hors des villes et leurs agglomérations. Le nombre d'agences immobilières par habitant en zone rurale a ainsi crû cinq fois plus vite qu'en zone urbaine. Il en est de même pour les agences de voyages ou les salons de coiffure, où la croissance moyenne a été deux fois plus forte. Les espaces ruraux ont aussi profité de l'essor des soins de beauté et d'autres services aux particuliers. Il faut également souligner leur relative proximité : 86 % des habitants de zones rurales sont à moins de 5 km d'un coiffeur.

De plus, face à la diminution de certains services, comme les cordonneries ou les réparateurs d'électroménager, les campagnes ont été proportionnellement moins touchés que les villes. Le recul de ces commerces y est plus faible. Mais on trouve des disparités au sein même des zones rurales. Ainsi, les communes les plus importantes de ces territoires sont celles qui ont le plus bénéficié de l'augmentation du nombre d'établissements de services par habitant. De plus, depuis 1993, l'écart d'équipement entre les communes « bourg-centre » et leur périphérie s'est creusé en milieu rural, alors qu'il s'est légèrement réduit dans les agglomérations denses. Enfin, les territoires ruraux ont aussi essuyé quelques pertes dans certaines activités commerciales, celles de la restauration rapide et de la blanchisserie-teinturerie notamment.

E. D., Les Echos, le 07.09.10

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