Cigarette électronique : le vapotage est devenu un phénomène de société

29.08.2014, source : Les Echos.fr

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En un an et demi, l’utilisation de la cigarette électronique a explosé : 3 % des Français vapotent quotidiennement.

Anecdotique il y a encore un an et demi, la cigarette électronique ne peut plus être ignorée par les pouvoirs publics. Le phénomène s’est répandu à une vitesse telle que, en 2014, près d’un Français sur cinq a déjà essayé de vapoter (18 % ), soit 2,5 fois plus qu’il y a un an. C’est notamment ce que pointe le rapport de suivi sur l’évaluation des politiques publiques de lutte contre le tabagisme, publié en juillet par l’Assemblée nationale. Reprenant une étude menée en novembre 2013, il montre que « désormais, 3 % de la population utilisent la cigarette électronique quotidiennement, soit 1,5 million de Français ».

Et le développement du secteur est exponentiel : le nombre d’enseignes proposant des cigarettes électroniques est passé de 138 en France en 2011, à 2 500 cette année. Les premiers intéressés par le vapotage sont les 15-24 ans. Ils comptabilisent le plus « d’expérimentateurs » (32 % ). Mais la palme des consommateurs réguliers revient aux 35-44 ans qui, pour 5 % d’entre eux, vapotent quotidiennement.

Ce boom d’utilisation a, en partie, eu des conséquences sur le tabagisme. L’année 2013 a enregistré une baisse record des ventes de cigarettes de 7,6 %. Les buralistes ont vendu 47,5 milliards cigarettes, soit 4 milliards de moins qu’en 2012. Mais cette baisse des ventes ne préfigure pas d’un passage massif, de la part des fumeurs classiques, à la cigarette électronique. Ceux-ci constituent la grande majorité des utilisateurs d’e-cigarettes, mais seuls 1 % d’entre eux sont devenus des vapoteurs exclusifs.

Des risques encore mal évalués

Si l’absence de goudron et autres produits cancérogènes, ou encore la non absorption de monoxyde de carbone, font de la cigarette électronique un outil de sevrage séduisant à première vue, différentes incertitudes persistent encore, rappelle le rapport parlementaire. Outre la présence addictive de la nicotine, il est pour l’instant impossible de dire quels seront les effets sur le corps humain des arômes alimentaires utilisés dans les e-cigarettes, chauffés à très haute température. De plus, après plusieurs tests menés en laboratoire par la Direction générale de la santé, il semble que dans beaucoup de cas, le taux de nicotine relevé ne corresponde pas à celui indiqué sur le produit. Pire, de la nicotine a même été trouvé dans des liquides qui n’étaient pas censé en contenir.

« La cigarette électronique est, à court terme, moins nocive que la cigarette classique. Mais les concepteurs de la première ont tout fait pour pousser la ressemblance le plus loin possible. Les fabricants cherchent même à reproduire l’effet flash de la cigarette, qui contribue à renforcer l’addiction », avertit le rapport.

Gabriel NEDELEC, Les Echos, le 11/08/2014

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