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Changement de patron chez Accor avec des « divergences stratégiques » en toile de fond

06.11.2010, source : Les Echos.fr

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Denis Hennequin, actuel PDG de McDonald's Europe, va remplacer en deux temps le PDG du groupe hôtelier, Gilles Pélisson. Ce dernier quittera l'entreprise à la mi-janvier 2011, soit cinq ans après son arrivée. Son départ résulte d'une série de  « petits désaccords ».


Une nouvelle page se tourne chez Accor et celle-ci n'était pas attendue, du moins avec une telle rapidité : à la surprise générale, le groupe, qui a parachevé cet été son recentrage sur l'hôtellerie avec la mise en Bourse de son pôle Services et vient de confirmer son rétablissement avec la révision à la hausse de son objectif de résultat opérationnel pour 2010 (  « Les Echos » du 21 octobre), a en effet annoncé hier le départ de son PDG, Gilles Pélisson, et son remplacement par l'actuel patron de McDonald's Europe, Denis Hennequin, confirmant une information publiée par  « Le Figaro ». Administrateur d'Accor depuis mai 2009, ce dernier a été nommé par le conseil d'administration, qui s'est réuni mardi, directeur général exécutif, fonction que Denis Hennequin assumera à compter du 1 er décembre. Gilles Pélisson conservera alors son mandat de président du conseil qu'il exercera à titre non exécutif jusqu'au 15 janvier 2011, date à laquelle le nouveau directeur général deviendra formellement PDG d'Accor.


De fait, Gilles Pélisson aura tout juste bouclé un quinquennat, certes particulièrement intense du fait de la profonde transformation du groupe. Pour mémoire, l'ex-patron de Bouygues Telecom et d'Euro Disney, et neveu de Gérard Pélisson, l'un des deux cofondateurs d'Accor -avec Paul Dubrule - avait été nommé administrateur et directeur général de l'entreprise le 9 janvier 2006, la présidence du conseil lui étant confiée le 24 février 2009 non sans une crise au sein du conseil (six administrateurs, dont le président, Serge Weinberg, avait alors démissionné).


Dans un communiqué, où il est lui rendu hommage, le départ de Gilles Pélisson est expliqué par  « le constat de divergences stratégiques » avec le conseil, sans autres précisions.  « Il n'y a pas une raison particulière mais une accumulation de choses. C'est comme dans un divorce. Il y a ici ou là des divergences. Nous ne sommes plus totalement calés sur le moyen, long terme », explique le PDG d'Acccor dans un entretien aux  « Echos », et de souligner qu'il avait  « besoin du soutien total du conseil et des grands actionnaires (le duo Colony Capital-Eurazeo, détenteur de 27,36 % du capital, et de 4 sièges sur 11 au conseil, NDLR) » pour continuer sa tâche. Au passage, Gilles Pélisson tient à préciser que le récent échec de la mise en Bourse de l'exploitant de casinos Groupe Lucien Barrière, dont l'opérateur hôtelier détenteur de 49 % veut se désengager,  « n'est certainement pas la raison » de son départ.  « Je suis un homme libre. Je peux quitter Accor la tête haute », ajoute-t-il.


 « Une somme d'écarts »

 « Il n'y a rien à reprocher à Gilles. Il peut partir la tête haute. Depuis cinq ans, avec une vision partagée, il a transformé très profondément le groupe », déclare, de son côté, le vice-président du conseil d'administration, Philippe Citerne, avant de confirmer  « une somme d'écarts » dans l'approche des dossiers, ce  « depuis quelque temps ». Dans une interview publiée hier soir sur lefigaro.fr, Gilles Pélisson précise :  « En 2005, j'ai fait le pari de travailler avec Colony. (...) Mais je n'avais plus qu'un soutien contrasté. (...) Les divergences stratégiques portent sur une accumulation de petites choses, telles que des désaccords sur les priorités de développement, la politique de croissance externe, la stratégie marketing, informatique… » Mais il confirme :  « Le modèle de développement que nous avons choisi, avec une accélération de la franchise et des cessions de murs, est le bon. »


Cela étant, le processus de remplacement de Gilles Pélisson a nécessité un récent élément de cristallisation. Il s'agit en l'occurrence de la disponibilité de Denis Hennequin. Or, de par son parcours chez McDo, sa présence au conseil depuis mai 2009, ce dernier est vite apparu aux yeux du conseil comme ayant le bon profil.

Christiophe PALIERSE, Les Echos, 04/11/10

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