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Cession & reprise : le prix des fonds de commerce est reparti à la hausse en 2011

02.04.2012, source : Les Echos.fr

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En 2011, plus de 45.000 fonds de commerce ont changé de mains pour un prix moyen de 187.924 euros, en hausse de 6,8 %, selon le deuxième baromètre « Bodacc »-Altares. Les PME ont voulu saisir les opportunités de croissance externe pour se renforcer.

Les tensions sur les marchés financiers et les incertitudes économiques suscitées par la crise de la zone euro n’auront pas pesé sur la valeur des commerces et des entreprises cédées. En 2011, 45.105 fonds de commerce ont changé de main pour un montant global de 9,5 milliards d’euros, a révélé hier le deuxième baromètre du Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales ( « Bodacc ») réalisé avec Altares. En volume, la progression reste limitée à 2,2 % par rapport à 2010 et le nombre de « ventes et cessions » se situe encore sous son niveau de 2008. « Mais le marché de la reprise de fonds de commerce s’est raffermi alors que la création d’entreprise (hors autoentrepreneur) a, dans le même temps, reculé de 2 %  », relativise Thierry Millon, directeur des études d’Altares. Or les créateurs d’entreprise signent plus de la moitié des actes de reprise.

Plus révélateur de la santé du marché est donc la trajectoire en valeur. Et, de ce côté, « le dynamisme est là ». Le prix moyen de cession s’est établi à 187.924 euros, soit un bond de 6,8 % intervenant après trois années de quasi-stabilité. « Profitant de taux d’emprunt encore bas, les PME cherchant à grandir ou à se renforcer se sont montrées très actives, tandis que les vendeurs, qui avaient préféré différer une cession plutôt que brader leur actif, ont démontré que leur prix était acceptable puisqu’ils ont réussi à passer le cap de la crise », poursuit la société d’études. Des entreprises qui ont suffisamment confiance pour se développer en procédant à des opérations de croissance externe ? « Ce baromètre est un indicateur d’optimisme, se réjouit Thierry Asmar, président du directoire d’Altares. Il prouve que l’économie n’est pas ‘"par terre" et que les banques sont peut-être plus sélectives dans la distribution de crédit mais répondent présentes quand les affaires sont de bonne qualité. »


« Une France coupée en deux »

Ce prix moyen (qui exclut les opérations de moins de 10.000 euros et la quarantaine supérieure à 10 millions) cache naturellement de fortes disparités selon les secteurs d’activité. La fourchette se situe entre un plus bas à moins de 70.000 euros dans les services de soins de beauté (coiffeur...) et un plus haut à près de 1 million d’euros dans le commerce de soins à la personne (pharmacie, optique, etc.). En outre, le prix médian (séparant les transactions en deux parts égales) tourne toujours autour de 80.000 euros, soit 42 % seulement du prix moyen.


Plus de six opérations sur dix se concentrent dans les activités de commerce ou d’hébergement-restauration-débit de boisson.Mais c’est dans la construction et les services aux entreprises que la hausse des prix de cession a été la plus forte (+14 % en moyenne). Un regard géographique donne l’image d’  « une France coupée en deux », avec des régions au nord de la Loire bénéficiant d’un prix moyen supérieur à 180.000 euros et d’autres au sud où un fonds de commerce se négocie sous les 170.000 euros. Première région économique de France, « l’Ile-de-France confirme son pouvoir attractif », avec les prix les plus élevés, à 224.000 euros en moyenne.


Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 30/03/2012

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