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Centrales d'achats : la stratégie des coopératives de distribution

14.09.2013, source : Les Echos.fr

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Les centrales européennes d’achats servent pour les premiers prix comme pour les grandes marques de la distribution. Elles rendraient aussi possible l’optimisation fiscale.

Coopernic, EMS, AMS, Alidis, Agenor : les centrales d’achats internationales ou européennes pullulent depuis plus de vingt ans, se faisant et se défaisant au gré de ce que leurs membres appellent eux-mêmes des alliances. L’une des plus importantes de par le nombre de ses membres est AMS, fondée en 1987 et qui compte pas moins de 14 associés (11 actionnaires et 3 membres) : pêle-mêle, entre autres, le hollandais Ahold, le suédois ICA, le portugais Jeronimo Martins, le suisse Migros, l’italien Esselunga, l’espagnol El Corte Ingles, le belge Delhaize et le français Système U. Intermarché travaille, lui, dans Alidis et Agenor avec l’allemand Edeka et l’espagnol Eroski.

Ces structures s’avèrent particulièrement utiles pour les groupements coopératifs indépendants comme Leclerc, U ou Intermarché, dont l’activité internationale est plus limitée que celle des grands groupes comme Carrefour ou Auchan.

Pouvoir négocier avec les multinationales

La vocation de ces centrales d’achats est simple : massifier les volumes à chaque fois qu’il est possible d’obtenir de meilleures conditions que celles accordées dans son marché domestique. « AMS nous sert essentiellement pour le "sourcing" des produits premiers prix [les produits sans marque, les moins chers, NDLR]. Ensuite, cela nous permet aussi de négocier avec quelques multinationales, comme Nestlé ou Coca-Cola, sur certains produits de marque », explique-t-on, par exemple, chez Système U.

Selon le patron de l’une de ces structures, les centrales internationales traitent avec environ 70 groupes industriels, eux-même internationaux. Il s’agit d’obtenir, en échange de quantités ou de services, des rabais qui sont répercutés ensuite sur les achats effectués dans chacun des marchés où opère le distributeur.

Les centrales d’achats européennes pourraient cependant avoir une autre utilité pour les groupes de distribution. Le sénateur UDI Jean Arthuis estime, en effet, qu’elles faciliteraient l’optimisation fiscale, depuis la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas. C’est la raison pour laquelle il a déposé, début juillet, un amendement au projet de loi sur la lutte contre la fraude fiscale demandant la « relocalisation » de ces structures, afin de « réintégrer ces prestations dans les bénéfices imposables en France ». Une optimisation fiscale que dénient tous les groupes montrés du doigt.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 10/09/2013

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