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Casino : l'Amérique latine et l'Asie prennent le relais d'une France défaillante

28.07.2012, source : Les Echos.fr

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Le Brésil, la Colombie et la Thaïlande sauvent une fois de plus la mise du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri. En France, les ventes ont en effet chuté de 3,3 % au deuxième trimestre. Les rayons non alimentaires des hypermarchés ont plongé de 11 %.

les résultats de Casino pour le premier semestre 2012 confortent la stratégie de son PDG, Jean-Charles Naouri. Les pays émergents -Brésil, Colombie,Thaïlande et Vietnam -tirent l’activité. En France, la maîtrise des coûts, la priorité donnée au commerce de proximité et une gestion fine de la politique commerciale et tarifaire, zone de chalandise par zone de chalandise, assurent une bonne rentabilité. Les deux opérations structurantes réalisées ces dernières semaines, la prise de contrôle de Pao de Acucar au Brésil et l’accord trouvé avec les Galeries Lafayette pour le rachat de leur part de 50 % dans Monoprix, si elles n’impactent pas les comptes du premier semestre, vont encore renforcer à l’avenir ces axes stratégiques.

Au global, le groupe a publié un chiffre d’affaires consolidé de 17,38 milliards d’euros, en progression de 7,5 % , pour un résultat opérationnel courant d’un milliard, en hausse de 11,6 %. Le résultat net part du groupe est, lui, stable (à 125 millions d’euros, ou 178 millions après retraitement des éléments exceptionnels). Pour l’ensemble de l’année, Jean-Charles Naouri a annoncé un bénéfice opérationnel courant « autour de 2 milliards d’euros », conforme aux attentes des analystes. Ce qui a fait grimper en flèche l’action hier à la Bourse de Paris (+ 8,18 % ). De fait, si l’on prenait en compte pro forma l’intégration de Pao de Acucar et de Monoprix, les marchés à forte croissance représenteraient au premier semestre 59 % du chiffre d’affaires du groupe et 72 % de son résultat opérationnel courant.

L’internationalisation croissante de Casino est d’autant plus bienvenue qu’en France l’activité s’est fortement dégradée au deuxième trimestre. Les ventes globales ont baissé de 3,3 %. Tous les formats de magasins sont touchés. Effets calendaires, météo, déport de la période des soldes de juin à juillet : beaucoup d’arguments sont avancés par les dirigeants. La crise et la concurrence de l’e-commerce expliquent aussi que les ventes non-alimentaires des hypermarchés Géant aient chuté de 11 % en trois mois.


Plan de trois ans

Il n’en reste pas moins que les enseignes Supermarchés Casino, Franprix et Leader Price font moins bien que le marché de l’alimentaire, relativement stable, et beaucoup moins bien qu’Intermarché et Leclerc. Le résultat opérationnel de la division France en subit les conséquences (- 7,3 % ), comme l’Ebitda (- 8,6 % ). Dans l’Hexagone, le site de e-commerce Cdiscount tire son épingle du jeu, avec une progression de son chiffre d’affaires de 14,5 % au premier trimestre. Signe des temps, Jean-Charles Naouri a annoncé hier un plan de trois ans pour réduire la surface des hypers français. Un mouvement déjà initié avec une réduction de 8 % au premier semestre. Des « corners » présentant les meilleures ventes de Cdiscount seront installés en magasins. L’heure est au multicanal.


Au Brésil, où la croissance s’est légèrement ralentie, Jean-Charles Naouri table sur la dynamique de la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques, ainsi que la baisse des taux d’intérêts. En Colombie, Exito va déployer son format de proximité. Bi C, en Thaïlande, va développer des formats porteurs dans la santé, la beauté, l’optique et l’e-commerce.


Philippe BERTRAND, Les Echos, le 27/07/2012

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