Les secteurs

Carrefour préféré à Casino pour la reprise de DIA France

23.06.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Carrefour négocie en exclusivité le rachat de son ex-filiale de hard discount. La valeur d’entreprise s’élève à 600 millions d’euros pour 800 magasins.

Il y avait deux candidats : Carrefour, ancien propriétaire, et Casino. C’est finalement Carrefour qui est en passe de remporter le rachat de la branche française du hard discounter espagnol DIA.

Dans des communiqués simultanés, les groupes DIA et Carrefour ont annoncé vendredi 20 juin que Carrefour avait fait une offre « ferme » pour « l’intégralité des activités de DIA en France » et pour une valeur d’entreprise de 600 millions d’euros. « La valeur finale de l’opération sera ajustée de la dette de DIA France », précise le texte du groupe DIA. Précisément, on sait que les actifs de DIA France sont évalués à 500 millions d’euros, les dettes à 200 millions et les pertes à 25 millions. Le mandat de vente a été confié par le groupe DIA à BNP Paribas. Lazard est le conseil de Carrefour. La vente reste naturellement soumise à la consultation des instances représentatives de DIA France ainsi qu’à l’autorisation de l’Autorité de la concurrence.

Par cette acquisition, Carrefour est en passe de mettre la main sur plus de 800 magasins, dont 200 franchisés, 550 000 m² de surface de vente et 2,18 milliards d’euros de chiffre d’affaires sous enseigne, mais aussi, et surtout, sur près de 2 points de part de marché. De quoi repousser la menace de Leclerc qui clame depuis deux ans son ambition de devenir le premier distributeur alimentaire français.

Garanties sur l’emploi

 Dans un dossier où le sort d’environ 7 000 salariés était en jeu et qui était, de ce fait, suivi de près par le gouvernement, Carrefour a obtenu, selon nos informations, la préférence du vendeur en offrant des garanties en termes d’emploi. Il n’aura pas de plan de sauvegarde de l’emploi. Casino avait également intégré cette dimension sociale dans son offre, mais ne proposait, semble-t-il, que 500 millions d’euros.


Volonté de repartir à l’offensive

 Si l’opération va à son terme, Carrefour remettrait la main sur l’ancien réseau ED qui lui appartenait, qui était passé sous l’enseigne espagnole DIA, elle aussi propriété de Carrefour jusqu’à ce que le deuxième distributeur mondial ne réalise une scission en cotant le groupe DIA à la Bourse de Madrid. Un « spin off » qui a eu pour effet de donner à DIA les mêmes actionnaires de référence que ceux de Carrefour, savoir, Groupe Arnault et Colony Capital. Ces derniers n’ont toutefois pas participé aux réunions des conseils des deux entreprises ayant statué sur l’opération.

Reste encore à obtenir l’aval de l’Autorité de la concurrence. Comme Carrefour, DIA est fort en région parisienne, ainsi que dans le sud-est de la France.

Dans l’immédiat, après le rachat par Carrefour, avec l’aide d’investisseurs, des galeries marchandes de ses hypermarchés qui avaient été cédées à Klépierre, cette offre sur DIA confirme la volonté du groupe de repartir à l’offensive après plusieurs années de difficultés.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 23/06/2014.

 

 

Dernières actualités