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Carrefour : départ anticipé pour Olofsson, Plassat devient PDG

25.05.2012, source : Les Echos.fr

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L’actuel PDG, Lars Olofsson devait initialement céder son poste à Georges Plassat le 18 juin. Il a souhaité anticiper son départ à la retraite.

Succession plus rapide qu’annoncé à la tête de Carrefour. Le géant français de la distribution a annoncé jeudi que son PDG, Lars Olofsson, qui devait initialement être remplacé le 18 juin par Georges Plassat, a souhaité anticiper son départ.

Le dirigeant du n°2 mondial de la distribution, dont le remplacement avait été annoncé en janvier, a présenté sa démission lors d’un conseil d’administration réuni le 23 mai et a « fait part aux administrateurs de sa décision de partir à la retraite », indique Carrefour dans un communiqué. En interne, on souligne que cette longue phase de transition était devenue ingérable entre les deux hommes. « Plassat avait hâte de prendre les choses totalement en main et la critique en bloc de tout ce que son prédécesseur avait fait était difficile à supporter pour Olofsson ».

Georges Plassat, grand professionnel de la distribution, a rejoint Carrefour début avril. Il occupait jusqu’ici le poste de directeur général délégué et aurait dû replacer M.Olofsson à l’issue de l’assemblée générale du 18 juin. Ce calendrier s’est retrouvé bousculé par la démission de M. Olofsson, un ancien de Nestlé dont le plan de relance de l’enseigne a eu des résultats mitigés et qui était de plus en plus contesté par les actionnaires (voir encadré).

M. Plassat a été nommé avec effet immédiat en qualité d’administrateur en remplacement de M. Olofsson pour la durée restant à courir de son mandat. Le conseil d’administration l’a aussi élu PDG avec effet au 23 mai. L’arrivée programmée de M. Plassat avait été saluée par les marchés, le Crédit Suisse relevant par exemple dès mercredi sa recommandation sur le titre du fait de sa seule venue, avant même de connaître la teneur de son plan de redressement. Cet homme à poigne est auréolé d’une réputation de redresseur de sociétés, mais beaucoup préviennent qu’un redressement de Carrefour prendra du temps et qu’une seule personne ne suffira pas à remettre à flot un paquebot de la taille de Carrefour : 410.000 salariés pour 91 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une présence dans 33 pays.


Défis

De fait, les défis qui attendent le nouveau PDG ne manquent pas. La remise à plat des méthodes de gestion, la place du non alimentaire, l’avenir des grands hypermarchés dans les pays matures, le positionnement prix et la stratégie à l’international -dans un marché qui bruisse de rumeurs sur de possibles cessions d’actifs jugés non stratégiques -sont autant de chantiers qui témoignent de l’ampleur de la tâche à accomplir.

Le groupe de distribution affiche, pour le premier trimestre 2012, des ventes de 22,49 milliards d’euros, en hausse de 1,5 %. En France, son premier marché, les ventes progressent de 0,8% à 9,35 milliards d’euros. Mais hors essence et à surface comparable, elles baissent de 0,3%, et si l’on exclut uniquement le carburant, le chiffre d’affaire diminue de 0,5%. Sans les profits tirés de la scission de Dia, sa branche de hard discount, la maison afficherait une perte.

Dans le reste de l’Europe, les ventes reculent de 3,2% à 6,18 milliards d’euros,et baissent même de 3,8% à changes constants, hors essence et à surface comparable.

Affaibli par les performances médiocres de ses hypermarchés français, Carrefour est à la croisée des chemins. Groupe Arnault et Colony Capital, qui possèdent, à travers leur holding Blue Capital, 14 % des actions et 20 % des droits de vote, ont acheté aux alentours de 40 euros une action qui en vaut moins de 15 aujourd’hui...

Retraite chapeau et indemnités pour Lars Olofsson

Le cours du tire Carrefour en Bourse a chuté de près de 40% sous le mandat de Lars Olofsson et le groupe a signé le triste record de cinq « profit warnings » en l'espace d'un an. Mais il touchera bien sa retraite chapeau. Cette risquait de provoquer, lors de l'assemblée des actionnaires du 18 juin prochain, un tollé semblable à celui qui avait suivi le départ de Daniel Bernard en 2005 -ce dernier avait d'ailleurs finalement dû y renoncer. Cette retraite complémentaire serait comprise, selon les analystes, entre 350.000 et 500.000 euros par an.Lars Olofsson se verra en outre verser une indemnité de 1,5 million d'euros bruts en cas de respect d'une clause de non concurrence pendant une période d'un an après son départ. « Après son passage chez Carrefour, on peut penser qu'il n'y aura pas beaucoup de distributeurs pour se l'arracher », observe un analyste qui a souhaité garder l'anonymat.


Les Echos, le 24/05/2012

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