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Carrefour confirme ses projets de cession d'actifs, notamment concernant son enseigne Dia

04.02.2011, source : Les Echos.fr

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Le distributeur a indiqué, lundi, qu'il étudiait bien la mise sur le marché de certains de ses actifs. Les opérations concerneraient l'enseigne de « hard discount » Dia et la foncière Carrefour Property dont le groupe précise toutefois vouloir conserver la majorité.


Le communiqué est court mais il donne corps à des hypothèses stratégiques majeures. Le groupe Carrefour a confirmé, lundi, « étudier différents projets pouvant mener à une mise sur le marché de certains actifs ». Le texte précise que « à ce jour, aucune décision n'a été arrêtée », mais indique bien que « ces projets seront soumis pour examen au conseil d'administration ».


Cette communication, qui pourrait avoir été demandée par l'Autorité des marchés financiers (AMF), fait suite à une information du « Figaro » indiquant que le deuxième distributeur mondial envisageait de mettre en Bourse et sa branche de hard discount Dia, et sa foncière, Carrefour Property. Le communiqué de Carrefour précise, contrairement à ce qu'écrit le quotidien que « dans les différentes options étudiées [...] Carrefour conserverait le contrôle de Carrefour Property ».


En réalité, ces deux hypothèses agitent les marchés depuis de nombreux mois déjà. « Les Echos » indiquaient dans l'édition du16 décembre 2010 que la valorisation de l'immobilier serait un sujet pour 2011 et que Carrefour avait « confié à BNP Paribas une revue de son activité hard discount qui pourrait déboucher sur une cotation ».


La nouveauté réside aujourd'hui dans la simultanéité des deux opérations. Selon nos informations, les choses pourraient effectivement aller vite. Ce qui plaiderait dans l'idéal pour un examen lors du conseil d'administration du 1er mars et une annonce au marché lors de la présentation des résultats annuels le surlendemain. Mais les discussions en cours peuvent aussi prendre un peu plus de temps.


L'objectif de ces opérations financières est d'externaliser des valeurs qui, aujourd'hui, restent confinées dans le périmètre du groupe. Dans une note étonnamment prédictive de la banque Nomura, rédigée le 27 janvier, ses analystes estiment que la situation actuelle de Carrefour, malgré les promesses du nouveau concept d'hypermarchés Carrefour Planet, dessert « la réputation d'actionnaires pragmatiques et activistes » de Colony Capital et Groupe Arnault qui, réunis au sein de Blue Capital, détiennent 14,06 % du capital et 20,27 % des droits de vote. Pour Nomura, les 6.373 Dia (dont 2.000 franchisés) seraient valorisés à 40 % de leur chiffre d'affaires, soit 4 milliards d'euros. La cotation de 25 % du capital rapporterait 1,50 euro par action. Concernant Carrefour Property, valorisé 11 milliards, le gain serait de 4 euros par action pour une même part. A titre indicatif, le titre Carrefour progressait hier de 5,33 %, à 35,78 euros. Colony Capital et Groupe Arnault auraient acquis leur participation autour de 50 euros.


Une stratégie pas arrêtée

Reste à connaître les modalités des opérations. Selon plusieurs sources, le choix entre un « spin off », c'est-à-dire une séparation totale du groupe, ou une introduction en Bourse classique des filiales existantes ne serait pas arrêté. L'appel à des investisseurs privés ne serait pas totalement écarté. En tout cas pour Carrefour Property. Pour le hard discount en revanche, cette hypothèse semble de moins en moins probable. Elle rencontrerait une certaine résistance en interne et ne serait pas assez rémunératrice pour le groupe.


D'un point de vue stratégique, pour la plupart des experts, la coupure avec Dia ne priverait pas Carrefour de synergies significatives. Concernant Carrefour Property, en revanche, le maintien d'une position majoritaire est essentiel pour garder la maîtrise des loyers. Une condition à laquelle Lars Olofsson, directeur général de Carrefour, est particulièrement attaché. Au printemps 2010, il déclarait à Reuters qu'il n'était pas favorable, pour sa foncière « à une opération purement [...] financière ».


Philippe BERTRAND, Les Echos, 01.02.2011
 

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