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Cagnes-sur-mer rêve de faire de l'ombre à Cannes, priorité des marques

06.01.2013, source : Les Echos.fr

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Le projet Polygone Riviera à Cagnes-sur-Mer veut concurrencer Cannes, destination favorite des grandes marques.

Maillon faible de l’offre commerciale sur la Côte d’Azur, Cagnes-sur-Mer devrait combler son retard d’ici à l’automne 2015. Le promoteur Socri vient de lancer les travaux du projet Polygone Riviera, un complexe à ciel ouvert combinant commerces et loisirs sur 13 hectares. Celui qui avait lancé le centre commercial Nice Etoile dans les années 1980 prévoit cette fois d’investir 350 millions d’euros dans cette réalisation, plus une centaine de millions d’euros apportés par les différentes enseignes. Le Printemps, qui a déjà réservé 9.000 mètres carrés, sera la locomotive de cet ensemble dont la Socri veut faire « une référence du shopping mode et style de vie » dans une zone de chalandise qui, de Théoule-sur-Mer à la frontière italienne, compte plus d’un million d’habitants, plus les touristes. En réunissant l’architecte catalan José Ignacio Galan Martinez pour la conception urbanistique, Jean Mus pour l’aménagement paysager, Laurent Fachard pour les éclairages et le sculpteur Sosno pour la direction artistique, le promoteur brigue le haut de gamme.

Un quartier grand luxe

Composé de cinq quartiers articulés autour d’une rivière, avec places, fontaines et jardins, le complexe associera des équipements de loisirs, des moyennes surfaces et une centaine de boutiques. Sephora, Mango, Zara ont déjà signé un bail, « la moitié des surfaces a déjà été commercialisée et nous sommes en relation avec des grandes marques comme Prada, Chanel et Dior », affirme Nicolas Chambon, président de Socri Gestion. Le groupe voudrait en effet réserver le « quartier Luxury » à des enseignes de grand luxe dans l’esprit Rodeo Drive, artère chic de Los Angeles. Seront-elles prêtes à s’y installer ? Pas sûr. « En région Paca, les boutiques de luxe choisissent en priorité Cannes, Monaco et Saint-Tropez », précise Philipe Bono, directeur des transactions commerciales sud-est pour BNP Paribas Real Estate. La Croisette, à une vingtaine de kilomètres du futur Polygone Riviera, s’est imposée pour toucher la clientèle internationale. Les loyers se sont envolés. Près de 400.000 euros hors taxe et hors charges en moyenne par an pour une superficie autour de 80 mètres carrés avec espace réserves en sous-sol sur la Croisette, « c’est difficile à rentabiliser », reconnaît Jean-Pierre Venou, président de l’association Cannes Prestige (une soixantaine de boutiques et hôtels de luxe), « c’est l’image qui compte ». Entre le Majestic et le Martinez, sur 1,5 kilomètre, on trouve plus de grandes enseignes que sur l’avenue Montaigne à Paris. Et selon la dernière enquête réalisée par Global Blue, spécialiste de la récupération de la TVA sur les achats effectués par les étrangers, Cannes, de mai à septembre 2012, s’est octroyée 41 % du chiffre d’affaires détaxé sur la Riviera contre 24 % pour Monaco et 21 % pour Nice, confirmant sa place de leader pour le shopping de luxe.

Christiane NAVAS, Les Echos, 28/12/2012

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