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Bricolage : un Bricorama fermé le dimanche met définitivement la clef sous la porte

03.01.2014, source : Les Echos.fr

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Le magasin de bricolage Bricoaram situé à Montignyle-Bretonneux, dans les Yvelines, n’a pas résisté aux pertes d’exploitation liées à la fermeture le dimanche.

Le magasin Bricorama de Montigny-le-Bretonneux, dans les Yvelines, est la première victime des atermoiements du gouvernement sur l’ouverture des magasins le dimanche. Le point de vente, sur lequel pesait depuis plusieurs mois des menaces de fermeture en raison notamment de la décision l’obligeant à fermer le dimanche, a officiellement mis la clef sous la porte, a indiqué Jean-Claude Bourrelier, l’emblématique PDG de l’enseigne, le 30 décembre. « Ca y est, la décision a finalement été prise. Cela fait dix jours que nous débarrassons et, demain, nous rendons les clefs », a-t-il déclaré.

Le magasin de 4 000 m², situé en centre-ville, n’a pas résisté aux pertes d’exploitation liées à la fermeture le septième jour de la semaine, qui représentait 15 % du chiffre d’affaires. Avec près de 100 000 euros de pertes mensuelles depuis plusieurs mois, « on n’a pas eu le choix, il fallait fermer », a expliqué le dirigeant, qui a notamment dénoncé la « concurrence déloyale » dont souffrait le site, en raison de l’installation d’un Leroy Merlin à proximité « qui, lui, bénéficie du droit d’ouvrir le dimanche ».

Appel au gouvernement

Les 17 emplois du magasin seront transférés dans d’autres boutiques de l’enseigne. « Mais cela fait autant de nouveaux postes que nous ne créerons pas », a fait valoir Jean-Claude Bourrelier. Le dirigeant a renouvelé son appel au gouvernement afin que celui-ci modifie rapidement la loi sur les ouvertures dominicales. Il demande que chacun « soit logé à la même enseigne » : « Ou tous ouverts, ou tous fermés. » Si rien ne change, « d’autres magasins Bricorama pourraient, eux aussi, être condamnés à fermer leurs portes très prochainement », a averti Jean-Claude Bourrelier, pour lequel la fermeture de Montigny-le-Bretonneux démontre la nécessité de mettre en oeuvre sans délai les recommandations du rapport Bailly. « Il n’y a pas de temps à perdre », indique un expert du secteur du bricolage. « Le décret attendu sur l’ouverture temporaire des magasins de bricolage le dimanche n’a en effet toujours pas été mis en oeuvre et la redéfinition des zones dites "Puce" (périmètre d’usage de consommation exceptionnel) n’est pas engagée », souligne-t-il.

Le 2 décembre, lors de la remise du rapport Bailly, la Fédération des magasins de bricolage (FMB) accueillait la proposition d’un décret provisoire « comme un sursis bienvenu qui réglera en effet l’urgence qui se pose en Ile-de-France ». Plus radicale, l’Alliance du commerce, qui représente notamment les magasins de centre-ville, s’inquiétait du délai à courir jusqu’au printemps 2015, date supposée de l’adoption d’une nouvelle loi sur l’ouverture dominicale. « Combien de mois et d’années de palabres et de bureaucratie faudra-t-il encore attendre avant de créer des emplois », s’interrogeait son président, Christian Pimont. Il n’en aura pas fallu beaucoup pour en voir disparaître.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 31/12/2013

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