Les secteurs

Bricolage : la pépite low cost française Brico Dépôt envisage la franchise

31.03.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Brico Dépôt assure avec Castorama la moitié du résultat opérationnel de Kingfisher.

C’est le paradoxe de ce distributeur anglo-français. L’exercice 2013-2014, clos le 1er février, de Kingfisher a été tiré par la branche britannique du spécialiste du « do it yourself », les enseignes françaises souffrant de l’atonie de la consommation et de la croissance sur leur marché domestique. Pour autant, le groupe qui a annoncé mercredi 26 mars une hausse du dividende et la redistribution de 200 millions de livres à ses actionnaires en 2015 doit l’essentiel de son résultat à Castorama et Brico Dépôt, et plus particulièrement à cette dernière.

Les enseignes françaises ont dégagé un résultat opérationnel de 396 millions de livres, contre 238 pour le Royaume-Uni (avec l’Irlande) et 123 millions pour la Pologne, troisième pilier du groupe. La France génère la moitié du résultat de Kingfisher, pour seulement un tiers du chiffre d’affaires (4,4 milliards de livres contre 11,1 milliards), soit une marge opérationnelle de 8,9 % sur le continent, contre 5,5 % seulement outre-Manche avec B&Q et Screwfix.

Des arrivages réguliers

 

Une performance qui doit beaucoup à Brico Dépôt, dont les experts assurent qu’il reste l’un des concepts de grande distribution les plus rentables au monde, malgré la baisse de 3 % de ses ventes en comparable enregistrée l’an passé. La formule, inaugurée en 1993 à Reims, est un modèle de magasin-entrepôt à bas coûts : quatre fois moins de références qu’une grande surface de bricolage classique (10 000 contre de 40 000 à 60 000 environ), des surfaces moyennes pouvant descendre jusqu’à 3 000 m², des prix inférieurs de 10 % au minimum de ceux de la concurrence, pas de promotions, mais des arrivages réguliers pour entretenir la fréquentation. La clientèle mélange les bricoleurs expérimentés et les artisans, tous ayant en commun la réalisation de gros chantiers. On le sait peu, mais Brico Dépôt s’affirme comme le deuxième vendeur de cuisines en France, derrière Ikea. On est loin des Castorama et Leroy Merlin qui draguent la clientèle féminine et surfent sur l’attrait des Français pour la décoration. Dirigée par deux anciens de chez Carrefour, Alain Souillard, directeur général monde (Brico Dépôt est présent en France mais aussi en Espagne, avec 24 unités, en Roumanie - par le biais du rachat de 15 Bricostore -, et va arriver au Portugal) et Alexandre Falck pour la France, l’enseigne dispose encore d’un fort potentiel de développement dans l’Hexagone. Une cinquantaine d’ouvertures (109 unités aujourd’hui) sont prévues à moyen terme dans les villes moyennes. Un développement qui, selon nos informations, pourrait se faire par le biais de la franchise, un mode d’exploitation réservé aux formats les plus juteux, la rentabilité devant à la fois nourrir le franchiseur et ses franchisés.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 27/03/2014

Dernières actualités