Les secteurs

Boulangerie : Bridor surfe sur le succès du marché du pain précuit

16.07.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

La filiale du groupe Le Duff, Bridor, a investi 25 millions d’euros. L’usine de pains précuits est déjà trop petite.

A peine inaugurée, l’usine Bridor de Louverné, s’avère déjà trop petite. L’industriel de la boulangerie et de la viennoiserie, filiale du groupe rennais Le Duff, a présenté récemment sa nouvelle usine de 10 500 m² près de Laval (53), en Mayenne. Cet outil prend le relais de l’usine historique de Servon-sur-Vilaine (35), en Bretagne. Cette dernière, employant 700 salariés sous 4,2 hectares couverts, est arrivée au bout de ses capacités. Bridor a investi 25 millions d’euros dans l’usine de Louverné qui assure, pour l’instant, une production de pains précuits avec une quarantaine de salariés. En trois huit, cette boulangerie industrielle déploiera une capacité de production annuelle de 15 000 tonnes de pain sur four à sole de pierre, selon une quarantaine de recettes mettant en œuvre « un pétrissage lent, une haute hydratation des pâtes et des temps de repos longs comme les artisans boulangers le pratiquent. »

Le groupe prépare un projet d’extension de 15 000 mètres carrés qui fera plus que doubler, « le plus tôt possible », l’installation de Louverné. Avec dix-sept hectares de réserves foncières, l’entreprise a de quoi voir venir. « Nous allons démarrer les discussions avec les collectivités en septembre pour une ouverture, compte tenu des délais d’instruction, d’ici à deux ans », estime Bruno Rousseau, directeur général de Bridor. De fait, le site mayennais a pour vocation de porter une partie de la croissance du groupe dans la boulangerie-viennoiserie. L’extension permettra de mettre en place une nouvelle ligne de production, la douzième pour Bridor. Elle sera dédiée cette fois à des gammes de viennoiseries.

Poursuite à l’international

 Bridor poursuit par ailleurs son expansion internationale. L’entreprise a lancé des travaux pour une nouvelle usine de fabrication sur la côte Est Américaine, où elle compte déjà quatre sites de fabrication entre Montréal, au Canada, et Philadelphie. « La nouvelle usine, qui sera dédiée à la fabrication de pains, s’étendra sur 7 000 m². Elle devrait être opérationnelle en mars 2015. L’investissement est de 30 millions de dollars. Elle emploiera une trentaine de salariés, dont plusieurs français », détaille Bruno Roussseau. « Au global, sur 2012-2017, Bridor a prévu un programme d’investissements de 125 millions d’euros », ajoute Louis Le Duff, PDG.Bridor, qui réalise 400 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 1 300 salariés, commercialise ses produits dans plus de 80 pays. La société sert les enseignes du groupe Le Duff, dont La Brioche Dorée, mais ses clients externes constituent l’essentiel des volumes. L’industriel de la boulangerie travaille ainsi pour le « catering » aérien et hôtelier. la société a aussi noué un partenariat avec le groupe ­Lenôtre et alimente bon nombre d’artisans indépendants. Ces investissements interviennent sur un marché du pain précuit en progression. La consommation de pain d’une manière générale a baissé de 600 grammes au siècle dernier à environ 130 grammes aujourd’hui.Mais les modes de consommation ont changé et la technique du surgelé précuit correspond à la demande des consommateurs et des boulangers.

Emmanuel GUIMARD, Les Echos, le 15/07/2014

Dernières actualités