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Boucherie : Cooperl Arc Atlantique revoit sa stratégie pour s'adapter à la crise

10.10.2012, source : Les Echos.fr

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Le groupe coopératif de transformation porcine annonce le lancement d’une activité de viandes cuisinées ainsi que la création d’une enseigne de boucheries de proximité.

Les éleveurs de porcs sont marqués par des hausses très importantes de la matière première végétale et doivent en même temps mettre aux normes européennes leurs porcheries. « Il y a un risque de baisse du nombre des élevages. Nous estimons entre 5 % et 10 % la réduction prévisible de la production porcine », martèle Emmanuel Commault, le directeur général du groupe Cooperl Arc Atlantique, de 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Pour éviter ce scénario, l’entreprise coopérative accélère ses chantiers d’innovation afin de gagner en productivité et de dégager des marges bénéficiaires supplémentaires en faveur des 2.000 éleveurs qui l’approvisionnent en matière première. Elle consacre donc une partie de son enveloppe de 30 millions d’euros d’investissements en 2012 au démarrage d’une nouvelle usine de viandes cuisinées. Cet outil installé depuis quelques semaines à Lamballe, dans la commune où se situe également le siège social du groupe, va être complété par une nouvelle enseigne de boucheries de proximité. « Il s’agit, explique Emmanuel Commault, de compléter notre réseau existant sous les marques Maxi Viandes et Marc Munier, dont il existe 80 implantations réparties en France. »

35 % des volumes à l’export

Les boucheries Aurélien seront différentes et ouvertes uniquement dans les centres-villes des grandes agglomérations pour y combler le manque évident de boucheries artisanales. « Les premières verront le jour dans les agglomérations de l’Ouest », continue le responsable, qui réalise déjà 6 à 8 % de son chiffre d’affaires dans le secteur boucherie. Il s’agit d’un créneau de diversification pour Cooperl Arc Atlantique, dont la majeure partie des ventes se répartit entre les grossistes, les industriels et la grande distribution. Les boucheries de proximité lui permettent d’aborder une clientèle supplémentaire souvent prête à payer plus cher la viande pourvu qu’elle soit de bonne qualité. Le groupe, qui exporte 35 % de ses volumes, entend également forcer le trait en Chine et en Russie, où il a récemment créé des filiales d’ingénierie afin d’aider les éleveurs dans le choix des bâtiments, la génétique, l’hygiène. « Ce sont des créneaux à valeur ajoutée », dit encore Emmanuel Commault. Il estime que cette stratégie de conquête, si elle réussit, va générer la création de 190 emplois supplémentaires pour compléter les 4.800 postes existants. L’industriel est cependant amené à restructurer certaines de ses implantations les moins rentables. 38 emplois sont supprimés sur le site de La Verrie, en Vendée, avec la fermeture de l’usine de tranchage de viande de porc congelée, qui sera fermée et l’activité rapatriée à Lamballe.

Stanislas DU GUERNY, Les Echos, 05/10/2012

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