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BCE : " les banques doivent prêter" 

15.08.2009, source : Les Echos.fr

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Comme prévu, la Banque centrale européenne a laissé, hier, ses taux directeurs inchangés dans l'attente d'une confirmation de la reprise européenne. La Banque d'Angleterre, elle, a créé la surprise en assouplissant encore sa politique.

Sans surprise. A l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, hier à Francfort, la Banque centrale européenne (BCE) n'a annoncé aucun changement de ses taux directeurs dont le principal reste fixé à 1 %, son niveau depuis le 7 mai. Pour l'institut d'émission, il est urgent d'attendre que la reprise se confirme. Son président, Jean-Claude Trichet, a admis être « dans un épisode incertain économiquement ». « Il y a des signes croissants selon lesquels la récession globale est proche de son terme. Je n'exclus pas une route chaotique ni des signes contradictoires »concernant la reprise, a-t-il ajouté. Et comme les craintes inflationnistes se sont « apaisées », l'autorité monétaire européenne ne pouvait qu'observer un statu quo.

Interrogé à propos du recul des prix à la consommation (- 0,6 % en juillet sur un an) dans la zone euro, Jean-Claude Trichet a répondu qu'il avait été « anticipé » et essentiellement lié à un effet de base après la flambée des prix des matières premières à l'été 2008. La baisse des prix est « temporaire », a-t-il souligné en balayant les craintes de déflation. Attendant une reprise économique l'an prochain sans être plus précis, Jean-Claude Trichet devrait donner de plus amples indications lors du Conseil des gouverneurs du mois prochain puisque la BCE publiera de nouvelles prévisions de croissance et d'inflation.
Sans pour autant annoncer de nouvelles mesures d'assouplissement, le président de l'institut d'émission a exhorté les banques à faire leur travail : « Le secteur financier et les banques devraient faire leur travail qui est de prêter. » Alors que la BCE a mis en place, début juillet, un programme de rachat de 60 milliards d'euros d'obligations sécurisées, de créances hypothécaires titrisées et de crédits au secteur public, le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, a estimé que ce programme « n'avait pas eu sur le marché secondaire autant d'impact qu'espéré ». Aucun économiste n'attendait de nouvelles annonces sur ce plan.


Chute du PIB britannique

Dans les faits, la nouveauté est venue d'outre-Manche à l'issue du Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre. Tout en ayant maintenu son principal taux directeur à 0,5 %, cette dernière a décidé d'augmenter le montant de ses rachats d'actifs de 50 milliards de livres à 175 milliards. « Au Royaume-Uni, la récession semble avoir été plus profonde que ce qui avait été anticipé »,a noté la banque signalant la chute du PIB britannique au deuxième trimestre. Elle a aussi souligné la fragilité persistante du système financier ainsi que celle du rebond de la confiance des ménages et des entreprises. « Bien qu'il y ait des signes montrant que les conditions sur le marché du crédit ont commencé à s'améliorer, les prêts aux entreprises ont diminué et les taux des banques restent très élevés », a-t-elle estimé.

R.H

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