Les secteurs

B. Rocher (Yves Rocher) : « Nous avons un engagement familial sur le long terme »

28.11.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Bris Rocher, président-directeur général du groupe de cosmétique Yves Rocher, a répondu aux questions des « Echos ».

Vous venez de faire une acquisition en Turquie. A l’inverse, pourriez-vous céder des marques comme Petit Bateau, par exemple ?

Les cosmétiques sont notre métier principal, mais nous sommes avant tout un développeur et un gestionnaire de marques. Avoir dans notre portefeuille Petit Bateau nous permet de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier. Nous avons repris la société en 1988. La marque était alors en quasi-faillite. Nous l’avons redressée. Cette année, ses ventes devraient progresser de 4 % sur un marché en recul. Et nous allons encore accélérer, en étendant les gammes, avec une ligne adulte et la distribution, notamment à l’international. Son chiffre d’affaires s’élève à près de 300 millions d’euros, mais il peut atteindre beaucoup plus. Petit Bateau peut devenir le Ralph Lauren de l’enfant. Nous n’avons donc aucune intention de vendre la marque. Nous n’avons pas non plus l’intention à court terme de procéder à d’autres acquisitions dans l’univers du textile. Les cosmétiques sont notre priorité.


Yves Rocher pourrait-il s’introduire en Bourse ou vendre une partie de son capital pour accélérer son développement ?

La structure actuelle du groupe nous permet de financer nos projets de développement. Nous avons pu investir dans nos usines, procéder à une acquisition, racheter les parts du capital détenues par Sanofi. Nous avons un bilan très sain, nous ne sommes pratiquement pas endettés. Notre « gearing » après ces deux opérations est de l’ordre de 10 %, et nous serons désendettés d’ici la fin 2013. En n’étant pas en Bourse, nous ne sommes pas soumis à la dictature du court terme.


Et l’engagement familial est-il durable ?

En rachetant les 20 % de parts de Sanofi, nous avons apporté la preuve de l’engagement de la famille sur le long terme. C’est un acte fondateur, et un signe envoyé à nos salariés. Aujourd’hui, la famille Rocher contrôle plus de 95 % du capital. Je suis très satisfait sur la façon dont les choses se sont passées avec Sanofi, après quarante ans de partenariat. Il fallait que cette histoire se termine bien. Comme je vous l’ai dit, le groupe n’a pas besoin de trouver un autre partenaire. Notre avenir est assuré, avec une vraie dynamique, en termes de croissance organique. La famille est là pour accompagner le développement d’Yves Rocher qui peut s’appuyer sur un actionnariat stable. Ce qui est une vraie force.

Propos recueillis par David BARROUX et Dominique CHAPUIS, Les Echos, 25/11/2012

Dernières actualités