Aux Etats-Unis, Danone se veut encore plus entreprise citoyenne

2018-04-13T11:24:00+02:00

13.04.2018, 


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Le groupe a décroché une certification « B Corp » qui promeut un modèle responsable d'entreprise pour 30 % de son chiffre d'affaires global.

Des OGM quasi généralisés, un label bio qui n'est pas aussi exigeant qu'en Europe... Les Etats-Unis partent de loin en matière de sécurité alimentaire et d'environnement. Dans ce paysage, obtenir une certification « B Corp » est un premier pas important. Danone vient de l'obtenir pour ses filiales américaine (qui change de nom pour l'occasion, DanoneWave devenant  Danone North America) et canadienne. Le logo B Corp pourrait ainsi apparaître sur certains produits en Amérique du Nord. Le français, qui a l'intention d'être certifié B Corp, à terme, pour l'ensemble de ses activités dans le monde, est le premier groupe de cette taille à l'obtenir. Huit de ses entités sont certifiées, représentant environ 30 % de son chiffre d'affaires global (qui était l'an dernier de 24,7 milliards d'euros).

3.000 entreprises

A l'image des entreprises notées sur des critères financiers par Standard & Poor's, le label B Corp a été créé en 2006 par des entrepreneurs, qui défendent un modèle d'entreprise responsable. Ils ont fondé une ONG, B Lab, qui labellise les entreprises souhaitant s'engager sur cette voie. Celles-ci passent des tests : B Lab évalue les pratiques de gouvernance, de responsabilité sociale, d'impact environnemental... Près de 3.000 entreprises l'ont, parmi lesquelles Patagonia ou en France la Camif, Nature et Découvertes ou La Ruche Qui Dit Oui.

« Nous nous étions donné trois ans pour obtenir la certification, nous l'avons obtenue au bout d'un an », se réjouit Emmanuel Faber, le PDG de Danone, qui reste néanmoins prudent. « Personne n'est parfait, nous ne le sommes pas non plus, c'est un travail de longue haleine, mais cela conforte notre vision de l'entreprise , qui ne peut exister que si elle a une utilité sociale. »

Un « modèle économique »

La certification n'est pas un blanc-seing : elle a été attribuée en 2012 à Ben & Jerry's (Unilever) alors qu'une étude européenne démontrait que certaines de ses glaces contenaient des niveaux élevés de glyphosate. Mais la marque s'est alors engagée à supprimer les produits laitiers traités à cet herbicide d'ici à 2020.

Aux Etats-Unis, où  il a racheté WhiteWave , Danone travaille sur la biodiversité agricole, en réintroduisant des semences disparues. Le groupe a exclu les fourrages OGM sur 50% de sa chaîne d'approvisionnement (avant l'acquisition de WhiteWave), et a l'ambition d'être neutre en carbone. « Les consommateurs remettent en cause le système alimentaire, partout dans le monde. Il faut restaurer la confiance », souligne Emmanuel Faber, pour qui il ne s'agit pas seulement d'un combat d'image. « Cela va fluidifier notre feuille de route. C'est une vision intégrée, avec un modèle économique ». Danone y voit une manière de renforcer son indépendance via une identité forte.

« Les B Corp représentent de bonnes opportunités pour les investisseurs de long terme, car elles créent des actifs, qui prennent de plus en plus de place dans la valorisation des entreprises », juge Robert Shiller professeur à Yale et prix Nobel d'économie, dans un rapport financé par Patagonia. D'autres grands groupes que Danone ont des ambitions. Unilever s'est donné l'objectif d'une certification à 100 %

Nicolas Rauline, Les Echos, le 12/04/2018

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