Les secteurs

Automobile : nouveau fonds d'aide pour les équipementiers

30.08.2009, source : Les Echos.fr

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Après avoir entrepris d'aider les principaux équipementiers automobiles français, jugés stratégiques pour l'avenir du secteur, le gouvernement passe au second étage de la fusée. Sur le même modèle que le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), financé aux deux tiers par PSA et Renault et à un tiers par le Fonds stratégique d'investissement (FSI), les pouvoirs publics vont mettre en place une autre structure de soutien, qui sera destinée aux équipementiers « de rang deux et plus », c'est-à-dire des entreprises de plus petite taille, qui fournissent elles-mêmes les principaux équipementiers. C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, en précisant que ce nouveau fonds sera logé au sein du FMEA. Reste à savoir qui apportera les ressources financières.

Quant au FMEA proprement dit, le ministre a évoqué la possibilité d'abonder à nouveau ce fonds. Un signe supplémentaire que la crise du secteur est loin d'être terminée. Et ce, malgré le programme français de prime à la casse, qui a pour le moment donné lieu à 320.000 immatriculations de voitures depuis janvier, selon Patrick Devedjian, le ministre de la Relance. Le fonds de soutien aux équipementiers, parti avec une enveloppe de 600 millions d'euros en début d'année, a mobilisé à ce stade 160 millions en faveur de six groupes, dont deux chèques de 55 millions en faveur de Trèves et Mecaplast.

L'une des difficultés de l'exercice, pour le gouvernement, est de faire comprendre aux salariés comme à l'opinion publique que l'injonction de fonds dans ces firmes en difficulté n'est pas antinomique avec des plans de restructuration touchant les usines françaises. Dans le cas de Trèves, par exemple, un groupe qui est à la fois équipementier de rang un (au contact direct des constructeurs) et de rang deux, certains représentants syndicaux ont saisi la justice, dénonçant une « utilisation frauduleuse de fonds publics »de la part d'une entreprise qui n'hésite pas à fermer deux usines en France, sacrifiant 400 emplois. Mais l'investissement du FMEA « ne peut intervenir sans que l'équipementier ne procède à une réorganisation profonde de son schéma industriel, qui arrête les foyers de pertes structurelles », justifie l'entreprise, fournisseur de PSA et Renault notamment.
Incompréhension grandissante

Pour couper court à cette incompréhension grandissante entre les groupes qui quémandent des fonds publics et des salariés interloqués par les plans de suppressions d'emploi, le gouvernement va mettre sur pied une commission sur la sous-traitance automobile, associant professionnels et représentants des salariés, pour travailler sur les « soutiens de court terme nécessaires ». Ses conclusions sont attendues dès octobre. Une nouvelle structure qui dédouble un autre cercle déjà en place, nommé « plate-forme de la filière automobile », chargée de repenser à plus long terme les complexes relations entre constructeurs et équipementiers. Elle est animée par Patrick Blain, l'ancien directeur commercial de Renault.

Denis Fainsilber, Les Echos

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