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Automobile : les loueurs plutôt tournés vers l'hybride

07.06.2012, source : Les Echos.fr

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Les loueurs longue durée croient davantage au succès de l’hybride qu’à celui de l’électrique.

D’ici à trois ans, 5 % des parcs de véhicules d’entreprise (grandes et PME) seront des hybrides essence, 21 % des hybrides diesels et seulement 4 % des véhicules électriques. Tel est le pronostic d’une enquête prospective de l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE) effectuée en 2011. Ces proportions reflètent également la perception des loueurs longue durée sur les deux types de véhicules. « Les entreprises privilégient les véhicules hybrides diesel. Cette technologie est intéressante mais doit démontrer la réalité de ses avantages », nuance Tero Tapala, directeur commercial et marketing d’Arval, qui considère que ces modèles ont néanmoins leur place, notamment en « premium » pour les voitures de direction. Les principaux loueurs croient donc davantage à leur percée en entreprise d’ici à cinq ans plutôt qu’à celle des voitures électriques. « Les hybrides pourraient constituer plus de 15 % du marché dans cinq ans », évalue, par exemple, Jean-François Chanal, directeur général d’ALD France. Il est vrai que l’offre des constructeurs en voitures hybrides commence déjà à s’étoffer. « Ces voitures présentent des avantages indéniables en autonomie, en consommation de carburant et en allégement fiscal lié à la baisse du seuil d’émission de CO2 en dessous de 100 g/km qui peut amener à une réduction de 40 % de la taxe sur les voitures de société, la TVS », souligne Steven Blanchard, chef de marché pour les PME et grands comptes chez LeasePlan. Pourtant, à ce jour, les véhicules hybrides ne représentent encore que 1 % du parc des loueurs.


Hybride : une bonne rentabilité

Pour miser sur ce type de voiture, les loueurs doivent surtout comparer leur rentabilité à l’usage par rapport à un véhicule thermique. Le surcoût de 3.000 à 4.000 euros des véhicules hybrides est rattrapable en coût total d’utilisation (TCO), par des charges moins élevées en termes de consommation, d’entretien, d’assurance... explique Steven Blanchard. Chez Arval, on est cependant plus sceptique. « L’écart de prix entre un véhicule hybride diesel avec un taux d’émission de CO2 de 99 g/km et un véhicule diesel émettant moins de 130 g de CO2/km d’un même constructeur peut être de 10.000 euros. Il est alors difficilement compensable en TCO », affirme Tero Tapala. Olivier Monot, PDG d’Alphabet France, est plus optimiste : « On devrait assister à une accélération du développement des véhicules hybrides dans les parcs d’entreprise. » Pour Alphabet, ces véhicules s’inscrivent dans son image « d’expert de la mobilité durable pour les entreprises ».

D’autant que ce type de véhicule ne semble pas inquiéter les loueurs quant à leur valeur résiduelle et leur revente sur des marchés d’occasion. « On en revend déjà un certain nombre sans problème », indique Jean-François Chanal. « Surtout dans les pays nordiques où les gens recherchent des véhi cu les écologiques et économes en carburant », ajoute Steven Blanchard.


Electrique : une offre marginale

Ce qui n’est pas le cas pour les voitures électriques, dont l’offre à peine émergente, débouche pour l’instant sur un marché de l’occasion inexistant. « On devra avoir une idée sur leur valeur résiduelle, en prenant un gros risque au départ », prévient Tero Tapala. « Dans cinq ans, on pense néanmoins qu’il y aura un marché de deuxième main tiré par les collectivités locales », pense Jean-François Chanal. En attendant, l’offre des loueurs en voitures électriques reste très marginale, malgré l’arrivée sur le marché de la gamme Renault ZE, des Peugeot iOn ou des Citroën C-Zero. « Les inconvénients de la voiture électrique sont son manque d’autonomie, très mal vu par les entreprises, et son prix d’achat plus élevé de 30 % par rapport à un modèle thermique », souligne Steven Blanchard.

Pour essayer de promouvoir les voitures électriques, les loueurs essaient de savoir si leur TCO se révèle moins cher que celui des modèles diesels, afin de compenser leur coût élevé de départ. Or, « elles ne sont pas toujours rentables dans la réalité », relève Tero Tapala, malgré l’exonération de TVS et une prime d’Etat de 5.000 euros à l’achat. Toutefois le développement des voitures électriques en entreprise, pour l’instant confiné à une offre de petits modèles citadins, pourrait être dopé par les utilitaires pour les livraisons en ville.


Bruno MOULY, Les Echos, le 05/06/2012

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