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Automobile : les concessionnaires s'alarment face à la hausse des stocks

11.07.2012, source : Les Echos.fr

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La rentabilité des distributeurs français est négative à fin mai. Ils subissent à la fois une chute du marché du véhicule neuf, de l’occasion et de l’après-vente. Une situation « sans précédent » , avertit le CNPA.

Pris en tenaille entre des constructeurs automobiles déjà mal en point et des ménages de moins en moins dépensiers, les concessionnaires se disent pris à la gorge. Le CNPA (Conseil national des professions de l’automobile) a adressé un courrier à tous les constructeurs pour les alerter sur une situation qui « apparaît comme sans précédent dans l’histoire de la distribution automobile française ». En effet, les trois piliers du secteur se portent mal en ce moment : les immatriculations de véhicules neufs, d’une part, mais aussi, et c’est plus surprenant, le marché des voitures d’occasion et celui de l’après-vente.

Ce phénomène n’avait jamais été observé, pas même lors du retrait des précédentes primes à la casse, les « juppettes » et les « balladurettes ». « L’effondrement du marché du véhicule neuf avait été plus important à l’époque, mais le véhicule d’occasion s’était bien porté et l’après-vente avait suivi une évolution normale », précise Olivier Lamirault, président de la branche concessionnaires du CNPA. Même en 2008, la situation des distributeurs automobiles n’avait pas été aussi critique, puisque la prime à la casse avait rapidement apporté une bouffée d’oxygène au secteur.

Ainsi la rentabilité moyenne des distributeurs français est-elle négative à fin mai 2012. Selon le baromètre trimestriel du CNPA, presque deux concessionnaires sur trois s’attendaient à une baisse de leurs marges dans le véhicule neuf à fin mars et un peu plus d’un sur deux dans le véhicule d’occasion. « Nous sommes saisis par un nombre croissant de nos collègues qui craignent de ne pas pouvoir faire face à leurs échéances de trésorerie au cours des mois d’été », souligne le courrier de la fédération.

Ces difficultés sont accentuées par la politique des constructeurs, qui vise à transférer à leurs concessionnaires une partie de leurs stocks pour alléger leur bilan. « La gestion des flux de trésorerie est devenue prioritaire. Pour certains constructeurs, pouvoir stocker une partie de leurs véhicules chez les concessionnaires est même devenu une question de survie », assure Olivier Lamirault. Selon lui, les distributeurs supporteraient des stocks équivalant à quatre mois de vente, voire six mois pour certaines marques. Et ils se trouvent dans une situation paradoxale, où leur niveau d’activité baisse et où leurs stocks augmentent. Une évolution mal comprise par les banques, de plus en plus prudentes face au secteur de la distribution automobile.

En conséquence, les concessionnaires demandent aux constructeurs de revoir les contrats qui fixent les objectifs de volumes, les primes, ou encore les objectifs de pièces de rechange. Dans le cadre du plan de soutien de l’Etat au secteur automobile, attendu dans les prochains jours, ils défendent aussi un volet d’aide au financement pour la distribution, au cas où les banques se retireraient de cette branche.


Ingrid FRANÇOIS-FEUERSTEIN, Les Echos, le 10/07/2012

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