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Automobile : le marché de l'occasion décroche

08.04.2013, source : Les Echos.fr

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Les ventes ont plongé de 7,6 % en mars. Une situation qui inquiète les réseaux de concessionnaires qui tentent de diversifier leur activité pour préserver leurs marges.

Les particuliers boudent pour de bon l’achat de voitures. Alors que le marché des voitures neuves en France a chuté de 14,7 % depuis le début d’année, c’est désormais le marché de l’occasion qui se met à décrocher. Sur le seul mois de mars, les ventes ont plongé de 7,6 %, à 448.820 véhicules écoulés. Il s’agit du cinquième mois d’affilée de baisse du marché. Depuis le début d’année, la diminution atteint ainsi près de 4 %, alors même que le marché n’avait baissé que de 1,3 % en 2012, à 5,37 millions de véhicules. « C’est un changement de tendance et un indicateur de plus qui confirme l’extrême attentisme des acheteurs, note Flavien Neuvy, à l’observatoire Cetelem de l’automobile. Vu le climat économique, ils font durer jusqu’au bout leur véhicule et ne le remplacent qu’en cas de force majeure, même pour de l’occasion. »

Un métier rémunérateur

Même constat du côté du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), qui représente les concessionnaires. « Les gens n’ont tout simplement plus d’argent, même pour des véhicules d’occasion, note Patrick Bailly, président du CNPA. Si la tendance se confirmait, ce serait très problématique. »

Les concessionnaires sont inquiets car le marché de l’occasion est traditionnellement un métier rémunérateur, qui contribue à sauver leurs marges en cas de crise. Si les ventes de véhicules de moins d’un an sont relativement épargnés (- 3,5 % depuis le début d’année), celles des ventes de voitures âgées d’un à cinq ans sont lourdement impactées (- 6,2 % depuis janvier) alors même qu’elles constituent le coeur de l’activité des concessionnaires. « Tout cela va contribuer à fragiliser un peu plus la santé des réseaux », juge Olivier Lamirault, président de la branche concessionnaires du CNPA. Après 5.500 suppressions de poste, le dirigeant estime que 15.000 postes pourraient être détruits chez les concessionnaires français cette année si le marché ne rebondit pas.

Pour limiter la casse, les réseaux tentent d’étendre leur activité aux véhicules de plus de cinq ans - depuis le début de l’année, 64 % des transactions ont porté sur ces véhicules -, qui restent le monopole des particuliers. « On commence à voir des concessionnaires aller sur ces véhicules plus anciens avec des garanties adaptées, d’autant qu’ils sont plus fiables même s’ils nécessitent de l’entretien technique », juge Olivier Lamirault. Le déblocage exceptionnel de la participation, demandé par le CNPA et annoncé par François Hollande, pourrait aussi donner un petit coup de pouce aux ventes, même si cela ne réglera pas le problème.

Maxime AMIOT, Les Echos, 05-06/04/2013

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