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Audition : les prothèses auditives pénalisées par la crise

22.03.2014, source : Les Echos.fr

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Le marché des prothèses auditives plafonne autour de 900 millions d’euros.

Avec, en France, 6 millions de malentendants et seulement 1,8 million de personnes équipées de prothèses auditives, c’est un boulevard qui semble ouvert aux chaînes qui commercialisent ces prothèses. Et les perspectives à moyen terme sont elles aussi très prometteuses avec le vieillissement des baby-boomers et, à plus long terme, les ravages causés sur l’audition des jeunes par les écouteurs à des niveaux sonores excessifs, ce qui nécessitera un appareillage plus précoce.

Comment expliquer alors que les enseignes leaders sur le marché français, Audika et Amplifon, aient toutes deux réalisé un exercice 2013 médiocre avec un chiffre d’affaires en recul de 5 % pour le premier et stagnant pour le second ?

Tout d’abord, la pression concurrentielle a pesé. A côté des acteurs historiques (Audika, Amplifon, Audition Conseil ou Audio 2000, des enseignes low cost type Afflelou ou Optical Center ont fait leur apparition, qui ont tiré les prix moyens vers le bas et capté une fraction du marché.

D’autre part, même si les enseignes affirment que le prix n’est pas le premier frein à l’appareillage - ce serait d’abord le refus de s’équiper d’un appareil réservé dans l’imaginaire collectif aux « vieux » -, force est de constater que la perte de pouvoir d’achat des Français a un impact non négligeable.

Car le prix moyen d’une prothèse - il en faut 2 - et des services associés est élevé : 1.535 euros en moyenne avec, en France, un des taux de remboursement les plus faibles d’Europe : 120 euros par l’assurance-maladie auxquels s’ajoutent 350 euros par les mutuelles ou assurances complémentaires santé. Ainsi 70 % du prix reste à charge du client. Alors que 18 % des Français indiquent avoir réduit leurs dépenses de santé, on assiste donc à un attentisme plus fort des clients, souvent retraités, puisque l’âge moyen de l’appareillage est de 70 ans. Le marché français des prothèses auditives plafonne ainsi depuis plusieurs années autour de 900 millions d’euros.

Une enseigne comme Audika, par exemple, tente bien d’atténuer le caractère dissuasif de la mise initiale pour le client en proposant un paiement en dix fois sans frais, mais une meilleure prise en charge par les assurances complémentaires aurait certainement aussi un impact. L’apparition d’une nouvelle génération de prothèses pilotables grâce à un iPhone devrait aussi permettre de convaincre une population plus jeune et plus solvable.

Catherine DUCRUET, Les Echos, le 20/03/2014

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