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Atol se fournit à nouveau dans le Jura

09.08.2010, source : Les Echos.fr

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Le réseau d'opticiens a délocalisé une partie de sa production entre 2003 et 2005. Un séjour de courte durée contraint et forcé, dit-on chez Atol.

De 2003 à 2005. Voilà la durée pendant laquelle les opticiens Atol ont délocalisé une partie de leur production en Chine. « Plus par dépit que par envie », confie le directeur général délégué, Philippe Peyrard. D'après lui, le nombre de leurs points de vente de l'époque était jugé trop restreint par les fournisseurs habituels. Quand ila voulu passer commande pour un gros volume de montures, il n'a pas trouvé preneur dans les principaux bassins de lunetterie français, autour de Morez (Jura) ou d'Oyonnax (Ain). Une déconvenue qui pousse l'entreprise à se tourner vers des sous-traitants chinois à la fin 2003.

A l'époque, le réseau coopératif compte 300 points de vente affiliés dans l'Hexagone. Ce nombre passe à 400 en février 2004 et à 750 aujourd'hui, de nombreux opticiens indépendants rejoignant la marque. Fort de ce nouveau poids, Atol a convaincu en septembre 2005 le lunetier jurassien Oxibis de lui faire confiance. Celui-ci accepte de prendre à sa charge la production des 40.000 paires demandées. L'objectif de filière régionale est atteint, d'autant plus que le sous-traitant Naja, domicilié à quelques kilomètres de Morez, est associé au projet. Un accord qui signe le terme de l'expérience chinoise. Non sans soulagement pour Atol, à cause de problèmes récurrents sur la qualité des produits livrés.


Jouer la carte de l'innovation

Le retour au « made in France » fait grimper les coûts, et oblige Atol à rogner sur ses marges. « Les lunettes que nous faisions fabriquer en Chine étaient revendues à un prix unitaire de 130 euros. Les mêmes montures fabriquées en France nous revenaient plus cher, mais aucune innovation ne justifiait une hausse des prix », explique Philippe Peyrard. Atol a donc décidé de monter en gamme et de jouer la carte de l'innovation. En septembre 2007, l'entreprise lance une nouvelle gamme de lunettes, auxquelles peuvent être clippées des parures décoratives en plastique. Vendues de 160 à 200 euros, ces modèles s'écoulent à 50.000 exemplaires en un an. Pour Philippe Peyrard, ces lunettes signent « le retour à un modèle économique plus pérenne ».

Dans la même logique, Atol a mis sur le marché en janvier dernier 20.000 paires aux branches intégralement interchangeables. Des lunettes confiées à cinq sous-traitants du Jura, qui ont concouru à la sauvegarde d'une trentaine d'emplois.


B. P., Les Echos, le 06.08.10

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