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Arts de la table : un secteur encore à la peine

15.10.2011, source : Les Echos.fr

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Le secteur a traversé la crise sans trop de casse mais la vraie reprise se fait attendre et le déficit commercial continue de se creuser, surtout au profit de l'Asie.

Le secteur des arts de la table a traversé la crise sans trop de casse mais la vraie reprise se fait attendre et le déficit commercial continue de se creuser, surtout au profit de l’Asie.


Le marché des arts de la table risque de finir l’année sur une note morose, avec un chiffre d’affaires en recul de 1 % , selon la tendance relevée fin août. « Ce secteur est à la peine depuis le début de l’année et le phénomène s’est accentué ces derniers mois en raison d’un fléchissement de la consommation au début de la période estivale », a souligné Laurent Frélat, directeur des études de l’institut I+C, à l’occasion d’un colloque organisé à Orléans par le comité Francéclat et la Confédération des arts de la table.

La baisse touche avant tout les détaillants indépendants. Mais les autres circuits de distribution trinquent également, à l’exception des hypermarchés, alors que le secteur avait « plutôt bien résisté durant la crise », précise Laurent Frélat. Entre 2008 et 2010, la contraction avait été limitée à 1,5 %, ramenant le marché français à 4,9 milliards d’euros. Le secteur a profité de la bonne tenue de la vaisselle, des articles culinaires et du petit électroménager. En revanche, les articles de décoration ont plongé de 7 % après avoir longtemps bénéficié des faveurs du public. « Au cours de la période, nous avons le sentiment que les professionnels se sont recentrés sur leur coeur de métier », analyse Alain Petitjean, directeur général du cabinet de conseil Sémaphores.


Progression des importations

Dans le même temps, les importations, qui dépassent les exportations depuis 2007, ont continué à progresser, avec un gain de six points, et le déficit commercial s’est creusé. Il a atteint près de 400 millions d’euros en 2010. Résultat, les fabricants tricolores, comme Arc International, souffrent. La baisse de leur chiffre d’affaires s’est accélérée (- 7,5 % en deux ans) et les effectifs ont diminué de 10 %.

Les professionnels refusent toutefois de céder au pessimisme. Les surfaces de vente et le nombre de commerces ont progressé grâce aux magasins discount, aux solderies et aux franchisés, où le panier moyen a augmenté.

« Contrairement à ce que l’on nous prédisait il y a dix ans, nous avons réussi à ramener les arts de la table dans les préoccupations quotidiennes des Français », se félicite Guy Bourgeois, président de la Confédération des Arts de la table. Le Crédoc, auteur d’une étude prospective à l’horizon de 2030, a d’ailleurs proposé plusieurs scénarios positifs pour les années à venir, qui parient tous sur le « vouloir vivre ensemble » et la pérennité d’un certain art français de recevoir.

Christine BERKOVICIUS, Les Echos, 12/010/2011

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