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Art : Opera Gallery tisse sa toile dans le monde

26.04.2011, source : Les Echos.fr

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Avec un positionnement atypique, ce réseau de douze galeries réalise 120 millions d'euros de chiffre d'affaires avec une centaine de salariés. Créé par le Français Gilles Dyan en 1995, Opera Gallery va ouvrir de nouveaux sites à Pékin et Taïwan.


L'artiste s'est toujours refusé à signer avec une galerie. Il vient de le faire à l'invitation d'Opera Gallery qui lui consacrera à partir du 27 avril, une exposition dans ses locaux parisiens. Au moment même où le Museum Of Contemporary Art de Los Angeles propose l'événement « Arts in the streets », la galerie de la rue Saint-Honoré va présenter une quarantaine d'oeuvres inédites provenant de la collection privée de Seen. Un joli coup pour Gilles Dyan, maître des lieux, qui a su convaincre l'artiste grâce à son ce réseau atypique. Gilles Dayan dispose en effet de 12 galeries aux quatre coins de la planète. Il a ouvert la première en 1994 à Singapour. Ont suivi Paris, New York, Miami, Hong Kong, Londres, Séoul, Dubaï avec deux espaces, Monaco, Genève, puis de nouveau Singapour avec une seconde galerie dans le complexe Marina Bay Sands. En septembre, ce sera Pékin, avec 1 200 mètres carrés, puis Taïwan à la fin de l'année. Un mini-empire de 120 millions d'euros de chiffre d'affaires et d'une centaine de personnes.


Un modèle global

Partout, le modèle est le même : Gilles Dyan monte des joint-ventures avec des partenaires locaux qui réalisent les investissements mais à qui il apporte son savoir-faire, tout en restant majoritaire (sauf à Pékin où il est à 50-50). Et, chaque fois, les espaces sont implantés non pas à côté des autres galeries, mais à proximité des enseignes du luxe. « L'idée est de séduire un public plus large que celui des galeries traditionnelles, de viser les consommateurs à fort pouvoir d'achat. A New York nous sommes à Soho, à Londres à Mayfair, à Paris rue SaintHonoré, etc. », précise Gilles Dyan, ex-professionnel du marketing et de la publicité. Chaque site du réseau expose les mêmes artistes contemporains venus du monde entier (60 % des ventes), ainsi que des toiles de maîtres de la fin XIXe ou du XXe siècle (Picasso, Miro, Braque, Chagall...). Les synergies sont maximisées entre les galeries. La clientèle aisée peut ainsi être fidélisée au gré de ses déplacements professionnels ou d'agrément, avec des oeuvres dont les prix varient de 10 000 euros à 5 millions d'euros.


Gilles Dayan a commencé sa carrière à la fin des années 1980 en faisant du porte-à-porte pour vendre des lithographies. Aujourd'hui, il reste en dehors des circuits classiques du marché de l'art et sans concurrent. Absent des foires, il achète ses oeuvres aux enchères, lors de successions, auprès de musées étrangers, et a désormais de nombreux artistes, émergents ou confirmés, sous contrat. Fort du succès de son concept, il compte ouvrir des galeries à Beyrouth et à Los Angeles en 2012, puis, à terme, en Inde, en Amérique du Sud et en Russie. Celui qui a monté un fonds commun de placement pour l'achat d'art fourmille de projets : rapprochement avec des maisons de vente aux enchères étrangères, site de e-commerce dans l'édition d'art...


MARTINE ROBERT, Les Echos, le 26.04.2011

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