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Après les fêtes, le commerce joue gros avec les soldes

12.01.2011, source : Les Echos.fr

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Pour la plupart des enseignes, mais surtout celles dans l'habillement, la période des soldes qui s'ouvrent aujourd'hui et s'achèveront le 15 février, représente le deuxième pic d'activité après la fin de l'année.


La tradition sera respectée. Les soldes d'hiver, qui débutent aujourd'hui dans l'ensemble du pays (après un démarrage anticipé la semaine passée dans les zones frontalières de la Lorraine, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques) seront un temps fort de la vie du commerce français. Et, comme le veut la coutume, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, accompagnée de Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat chargé du Commerce, lanceront l'événement boulevard Haussmann, à Paris, d'abord aux Galeries Lafayette, puis au Printemps.


Pour se convaincre de l'importance des soldes, il suffit de rappeler que, pour le Printemps Haussmann précisément, le premier jour de la période qui court jusqu'au 15 février, est réputé générer le plus gros chiffre d'affaires de l'année. Selon Pierre Pelarrey, directeur général du magasin, la soif d'achat des consommateurs n'a pas été étanchée par les fêtes de fin d'année. « Malgré un mois de décembre en hausse de 20 % par rapport à 2009, nous avons réalisé samedi dernier [le 8 janvier, NDLR] un chiffre d'affaires supérieur au premier jour des soldes de l'an passé, qui tombait à la même date. »


De son côté, François Saugier, directeur du pôle mode et sport du ténor de l'e-commerce Amazon explique que « la période des soldes représente, en termes de chiffre d'affaires, le deuxième mois de l'année, derrière décembre ». Une performance, précise-t-il, qui s'explique par le fait que, même en période de soldes, le panier moyen des achats sur Amazon varie peu de la norme habituelle, « les consommateurs profitant des réductions pour acheter des produits au prix unitaire plus élevé ».


Globalement, selon une enquête BVA commanditée par la banque ING, 7 consommateurs sur 10 de 15 ans et plus ont l'intention de faire les soldes d'hiver. « En moyenne, affirment les auteurs, les Français déclarent avoir l'intention de dépenser 219 euros. »


L'euphorie des soldes n'est cependant pas partagée par tous les commerçants. Jean-Marc Genis, délégué général de la Fédération des enseignes de l'habillement, qui représente les grandes marques textiles comme Celio, H&M ou Zara - les premières concernées par les soldes -, parle, lui, d'un phénomène « avant tout marketing ». « Nos entreprises sont à la peine depuis deux ans, argumente-t-il. Sous l'effet de la crise, les stocks sont gérés de façon tendue. Ils ne sont donc pas aujourd'hui particulièrement importants. » Malgré cela, il annonce dès aujourd'hui des remises de 40 % à 50 %. Des chiffres qui sont devenus la norme des magasins « en dur », l'e-commerce allant jusqu'à 70 %, voire 90 %.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 12.01.2011
 

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