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Ameublement : le marché du mobilier d'extérieur en fort développement

28.03.2011, source : Les Echos.fr

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Version tour de piscine d'hôtel de luxe ou coin café pour un balcon en ville, le mobilier d'extérieur se porte bien. Oublié le triste PVC moulé. Même la résine tressée a moins la cote. Le bois revient en force, surtout lorsqu'il est associé au métal et au verre.


Tous au jardin ! Neuf foyers français sur dix disposent d'un espace vert, coin de balcon ou rebord de fenêtre. Cet engouement se traduit par un foisonnement de l'offre de mobilier d'extérieur. Tout le monde s'y est mis. Des grandes surface de déco ou de bricolage aux éditeurs de meubles renommés, B&B Italia ou Roche & Bobois, nouveaux venus sur ce marché. Chez Bricorama, le rayon progresse bon an mal an de 5 % à 10 %, selon le directeur général, Erik Hageman. Dickson Constant, spécialiste des toiles de store, parle d'un rythme de croissance compris entre 15 % et 20 %.


« Le jardin ou la terrasse sont désormais traités comme une pièce supplémentaire de la maison, méritant à ce titre qu'on y investisse. D'où le succès des canapés et fauteuils résistant à la pluie et au soleil ou des voiles d'ombrage offrant une alternative aux stores et parasols classiques », relève la directrice marketing, Marie-Hélène Roeland. Après la vogue des résines tressées et des bois exotiques (d'origine pas toujours contrôlée), la tendance est aux mariages de matériaux, à l'association bois-métal, bois-verre ou métal-plastique. Passage en revue.


Ikea choisit le bois renouvelable

Privés de lumière neuf mois sur douze, les Suédois vivent le plus possible dehors à la belle saison. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce que le pionnier du design pour toutes les bourses ait proposé du mobilier d'extérieur. Depuis 1981, date de son arrivée en France, le géant mondial constate la progression régulière des ventes « outdoor ». Karin Auburtin, architecte d'intérieur, voit dans cette « envie de vert qui va de pair avec le retour à l'essentiel, un mécanisme de défense face au contexte très anxiogène que nous traversons ».


Conscience environnementale oblige, l'enseigne met le bois à l'honneur, mais bannit l'utilisation des essences provenant des forêts primaires. Pas de teck ni d'oukoumé, mais de l'acacia et de l'eucalyptus, des arbres à croissance rapide. Ikea marie le bois avec le métal ou le plastique, en l'occurrence du polypropylène, plus respectueux de l'environnement que le PVC.


Merci joue la polyvalence balcon-salon

Chargé de l'assortiment maison du « concept store » parisien, Jean-Luc Colonna d'Istria a pitié de nos porte-monnaie. Il préfère fauteuils et tables susceptibles de passer du salon au balcon et réciproquement. « Peu de gens ont la place et les moyens d'avoir deux types de mobilier », dit-il.


Sa dernière trouvaille ? Les meubles égyptiens en fibre de palmier tressée dont la simplicité rappelle celle du mobilier en châtaignier. Ne pas avoir peur de marier les genres en faisant cohabiter un beau fauteuil design, comme celui de Marc Sadler pour Sktisch sélectionné par Merci, avec un modèle vintage ou des chaises Fermob en métal. « Une seule belle pièce suffit à donner de la personnalité à votre balcon ou votre terrasse. »


Sifas invente le teck synthétique

Lancée dans les années 1950 sur la vogue du fer forgé, la marque originaire de Cannes a popularisé en France le beau mobilier en résine tressée. Mais 20 % de son activité dépendent des grands hôtels, qui n'hésitent pas à renouveler souvent leur mobilier de tour de piscine et de « lounge bar ». Longtemps en position dominante sur le créneau du cher et du beau (avec toutefois quelques concurrents comme l'allemand Dedon ou EgoParis), la PME dirigée par les frères Jerôme et Frédéric Armaroli doit maintenant compter sur la concurrence des plus grands noms du mobilier contemporain. Une concurrence que Frédéric Armaroli, chargé du marketing, voit plutôt d'un bon oeil. « Cela tire tout le monde vers le haut », dit-il.


Il constate aussi la sophistication des attentes de particuliers, génération baby-boomeurs, « qui renouvellent leur équipement et cherchent à se faire plaisir en montant en gamme ». Son nouveau cheval de bataille ? Le teck synthétique marié à l'aluminium à l'honneur avec Oskar, nouvelle ligne de chaises longues et fauteuils metteur en scène.


Barbecue & Co renouvelle l'offre des « machines à griller »

La mode de l' « outdoor » a incité un ancien cadre dirigeant du groupe Henkel à lancer Barbecue & Co, nouveau concept de grande surface entièrement dédiée à la cuisson en extérieur. Plus de 1 000 mètres carrés consacrés aux « machines à griller » avec une sélection de 350 barbecues, planchas et leurs accessoires, condiments, sauces et épices. De la simple grille à poser sur du charbon de bois à 30 euros au piano tout Inox alimenté au gaz à 6 000 euros. Eric Moley est parti d'un constat simple : « Le barbecue est une activité pratiquée partout en France par toutes les classes sociales, avec en hiver les cheminées qui prennent la relève. » Ouvert en région parisienne, à Feucherolles, dans les Yvelines, Barbecue & Co a vocation à se transformer en enseigne avec un projet de 30 franchisés et de 10 succursales en France. Il explique que la plancha devient le cadeau de choix pour un départ à la retraite ou un week-end chez des amis.


VALÉRIE LEBOUCQ, Les Echos, le 25.03.2011

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