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Aménagement : le danois Kvik vient défier les cuisines Ikea

19.06.2012, source : Les Echos.fr

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Le fabricant danois de cuisines intégrées débarque dans l’Hexagone. La société s’attaque à l’ensemble des segments de marché en misant sur des délais de livraison très courts. Kvik prévoit d’ouvrir dix magasins d’ici à la fin de 2013.

Kvik, traduisez « malin et rapide    » en danois, vient chasser sur les terres d’Ikea. Cette nouvelle marque de cuisines intégrées débarque en France avec la volonté d’offrir une alternative entre du mobilier en kit proposé par les chaînes (Ikea, But...) et le haut de gamme défendu par des spécialistes comme Schmidt ou Mobalpa.

La société est une filiale du suédois Ballingslöv (260 millions d’euros de revenus), un des leaders des cuisines et salles de bains en Scandinavie. Elle a ouvert son premier point de vente en France début juin, dans une zone commerciale à Villabé (Essonne), au sud de Paris. Et ce, à quelques mètres de ses rivaux, Ikea et Cuisinella. « Nous voulons être proches de nos concurrents, là où les clients vont pour acheter une cuisine, reconnaît Peter Verplancke, responsable des ventes Europe. Ensuite, nous regardons la visibilité et les facilités logistiques.    »

Créé en 1983, Kvik prévoit d’ouvrir dix magasins dans l’Hexagone d’ici à la fin de 2013, via des franchises, d’abord en région parisienne, puis à Nantes et Lyon. Le marché des cuisines se porte bien en France. Il a progressé de près de 7 % l’an dernier, dépassant le milliard d’euros. « Moins de 60 % des ménages ont une cuisine équipée, contre 85 % en Scandinavie, précise le dirigeant, qui a fait ses classes chez Habitat. De plus, le taux de renouvellement est le plus bas d’Europe : dix-huit ans contre douze à quinze ans ailleurs.   »

Ballingslöv, qui veut faire de Kvik sa marque européenne, estime que le concept va plaire.

D’abord, la marque défend le design danois « fonctionnel, simple et épuré    », avec des caissons plus grands, ce qui permet d’avoir 15 % d’espace de rangement en plus. Kvik travaille aussi avec des partenaires réputés, comme Grohe (robinets), Blum (glissières), Electrolux et Smeg (électroménager). « Nous ne sommes pas chez Ikea    », lance Peter Verplancke.

Autre spécificité, l’étendue de la gamme de prix, de 1.000 jusqu’à 8.000 euros. « Nous pouvons concurrencer l’entrée de gamme et tous les segments du marché, insiste Peter Verplancke. Notre prix moyen s’établit à 6.600 euros.   »

Des marques comme Mobalpa ou Schmidt ont, elles, lancé des enseignes moins chères (SoCooc’, Cuisinella) pour séduire toutes les bourses. Mais pour offrir cet éventail de tarifs, la gamme de cuisines proposées est limitée. « Ce qui nous permet de réduire les coûts de production comme de logistique, reprend le patron. Nos deux usines au Danemark travaillent en flux tendu.    » Du coup, la livraison est assurée en une semaine, sauf pour les plans de travail sur mesure.

L’objectif du premier magasin français est simple : « Atteindre un peu plus de 1 million d’euros de ventes d’ici à un an    », précise son responsable, Guillaume Etourneau.

Kvik a réalisé avec l’ensemble de ses franchisés un chiffre d’affaires de 160 millions d’euros l’an dernier. Il veut dépasser en 2012 son niveau historique de 2008, où il avait atteint 162 millions. Le fabricant a débuté son internationalisation en 2005 avec les Pays-Bas et la Belgique. Il compte aujourd’hui 123 magasins en Europe, et deux en Thaïlande depuis 2011. Ballingslöv veut tester le marché local avant d’implanter dans le pays une unité de production destinée au marché asiatique.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 15/06/2012

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