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Aménagement : Jardiland en passe d’être repris par un fonds

09.01.2014, source : Les Echos.fr

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Michel Conte, président du directoire et principal actionnaire de la chaîne de 200 magasins, est en négociations exclusives pour céder Jardiland au fonds L-GAM.

Jardiland n’aura pas résisté à un second printemps pourri. Alors que la saison durant laquelle se réalisent 60% des ventes (de janvier à juin) avait été marquée par le gel il y a deux ans, l’an passé, le froid et la pluie incessante ont fait plonger l’activité du secteur des jardineries de 12%  au premier semestre et de 8% sur l’ensemble de 2013. Des caprices météorologiques qui conduisent aujourd’hui Michel Conte, président du directoire et principal actionnaire de la chaîne de 200 magasins, à entrer en négociations exclusives avec le fonds L-GAM.

Selon le «JDD», qui a révélé l’information, ce véhicule d’investissement monté en 2013 par quatre associés, dont Yves Alexandre, ancien d’Investcorp, et financé, selon les informations des «Echos», par la famille princière du Lichtenstein, serait prêt à investir 40 millions d’euros pour la prise de contrôle de l’enseigne. L’opération, menée par la banque Edmond de Rothschild Corporate Finance, devrait aboutir d’ici à la fin du mois. A terme, il pourrait s’agir d’une prise de contrôle total.

Cela faisait déjà plusieurs années que les actionnaires de Jardiland recherchaient des partenaires. Si la mauvaise conjoncture a pesé sur les finances de la chaîne - qui se partage entre 80 points de vente intégrés et 120 franchisés pour un volume d’activité total de 800 millions d’euros en 2012-, elle n’a cependant pas engendré de pertes d’exploitation.

Problématique financière

C’est en réalité la dette contractée en 2006 par Michel Conte, alors franchisé, pour racheter d’autres magasins affiliés et prendre le contrôle de la centrale d’achat qui pose problème, le montant des échéances augmentant à mesure que le remboursement s’effectue. Jardiland affiche aujourd’hui un endettement de 90 millions d’euros, un chiffre élevé compte tenu du chiffre d’affaires. C’est donc avant tout à une problématique financière que répond la reprise en cours.

Créé en 1982 et illustrant le succès du développement des grandes surfaces spécialisées dans les années 1980 et 1990, Jardiland a tenté une diversification dans la décoration, un marché lui-même en difficulté depuis plusieurs mois. L’enseigne a développé un site Internet actif, mais les ventes en ligne pèsent peu sur le marché des plantes et le secteur reste peu concurrencé par les cybermarchands. Le format de magasin, des grandes surfaces de plusieurs milliers de mètres carrés, a, quant à lui, peu évolué ces dernières années. Les principaux concurrents de Jardiland sont Truffaut, Botanic, Gamm Vert, qui réussit bien sur un format plus petit, ainsi que les rayons dédiés des grandes surfaces de bricolage : Castorama, Leroy Merlin, Bricomarché, etc.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 05/01/2014

 

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