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Alternatives aux centres commerciaux : nouvelles pratiques, nouveaux lieux de consommation

19.11.2010, source : Les Echos.fr

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Quatre pistes à explorer pour répondre aux nouvelles demandes d'une clientèle de plus en plus diversifiée.


Malgré la taille croissante des centres commerciaux, le temps de présence dans l'hypermarché ou les boutiques diminue. Il est passé de 90 minutes en 1980 à 45 minutes en 2005, pour tomber à 35 minutes aujourd'hui. Ce chiffre interroge sur les alternatives possibles à ces complexes coûteux à construire et à gérer. « Les grands professionnels comme Unibail-Rodamco ou Klépierre s'intéressent à d'autres concepts, plus mixtes, plus centraux ou restructurent leurs centres mais se montrent très prudents quant au lancement de nouveaux projets », explique Sophie Simonet, spécialiste de ce secteur et présidente de la société de promotion Foncom. Le développement pourrait suivre d'autres voies et mobiliser d'autres acteurs.


1 Les pôles de dépannage

Ces petits ensembles d'une vingtaine de boutiques ayant pignon sur rue, implantés en centre-ville, ressemblent à s'y méprendre au commerce traditionnel. A une différence près : ils sont développés par un seul investisseur. « Les commerces de bouche paient des loyers moins élevés, les enseignes d'équipement de la personne ou de la maison peuvent se permettre un peu plus, explique Sophie Simonet. Grace à ces péréquations, tous les commerces nécessaires sont là : boulanger, boucher, épicerie, marchands de journaux, pharmacie, opticien, coiffeur… Sans régulation, les agences bancaires finissent par tout racheter au prix fort. » Ces minicentres installés en rez-de-chaussée d'immeubles de logement ou de bureaux intéressent des investisseurs comme Foncom, la Sodes, Banimmo, mais pas encore les grands groupes, qui développent plutôt leurs propres enseignes, Daily Monop' et autres Carrefour Market.


2 Les « drive »

Chaque semaine s'ouvrent plusieurs de ces entrepôts dans lesquels les clients ne rentrent pas. Après avoir commandé leurs courses sur Internet, ils passent en voiture, ouvrent leur coffre, paient et repartent. Ces bâtiments à la limite entre lieux de stockage et locaux commerciaux n'ont pas besoin d'autorisation pour ouvrir et les investissements y sont réduits : pas d'aménagement, pas de merchandising et moins de personnel. Installés sur les trajets domicile-travail, ils captent une clientèle mobile et pressée. « C'est aussi un bon produit d'appel, le temps gagné dans les rayons alimentaires peut être passé plus agréablement dans les autres boutiques », pense Alain Taravella, le président d'Altarea-Cogedim, qui investit dans ces locaux à proximité de ses centres.


3 Le commerce forain

Le commerce forain, autrement dit les marchés, constitue un autre moyen de faire entrer le commerce dans la ville. « On y trouve des produits différents à des prix échelonnés, puisqu'ils peuvent varier dans la journée, note Sophie Simonet. Ils demandent des investissements réduits et peuvent avoir un important impact urbain et sociologique. Ce sont de réels lieux de mixité. »


4 Les « pop up stores »

Les « pop up stores », ces boutiques éphémères, sont étudiés de près par tous les spécialistes. « Il faut des années pour construire un centre commercial. Une fois ouvert, il est peu adaptable, les commerçants investissent dans leurs boutiques et la rotation est faible », détaille Sophie Simonet. Les « pop up stores » se succèdent, par nature, tous les trois ou six mois, parfois moins. Traduction juridique, des baux précaires. Traduction immobilière : des espaces aménagés, raccordés aux réseaux, des boîtes prêtes à accueillir les enseignes ou les « happenings », praticables et accessibles lorsque les espaces sont occupés, pas trop voyants lorsqu'ils sont vides. Ces boîtes existent déjà sous la forme de petits kiosques placés dans les mails des centres commerciaux, qui proposent des produits du terroir ou du petit artisanat. Les grands investisseurs consultent des spécialistes de l'aménagement des salons professionnels pour en inventer une version plus moderne.


CATHERINE SABBAH, Les Echos, 18.11.2010
 

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