Les secteurs

Alexandre Bompard présente son chantier pour édifier une « nouvelle » FNAC

22.07.2011, source : Les Echos.fr

imprimer

Promis à la vente par le groupe PPR, le distributeur de produits culturels et d'électronique grand public, confronté à des marchés difficiles, cherche à rebondir. Son nouveau PDG, en poste depuis le début de l'année, a décidé de relancer l'expansion en France et d'élargir l'offre.


Changer... ou mourir ! A l'heure où, en faillite, Borders, la deuxième chaîne de librairies américaine est vendue aux enchères ( « Les Echos » du 19 juillet), le message délivré par Alexandre Bompard à ses troupes, mardi en fin d'après-midi au siège d'Ivry-sur-Seine, sans atteindre ce paroxysme, n'en était pas moins empreint d'un certain sentiment d'urgence.


« Le modèle économique de la FNAC est questionné par deux évolutions structurelles », explique dans un entretien aux « Echos » le nouveau patron du premier libraire et premier disquaire de France. La révolution Internet et l'explosion de l'e-commerce ont non seulement bouleversé les piliers sur lesquels la célèbre enseigne, filiale de PPR depuis 1994, a bâti son succès, mais encore favorisé l'émergence d'acteurs mondiaux, comme Amazon.


Ambitieux

Autre tendance de fond, la descente aux enfers des supports musicaux et d'image (CD, DVD) se poursuit avec « une baisse à deux chiffres » du marché au premier semestre, quand les livres résistent tant bien que mal, enregistrant un très léger recul. Au total, les produits éditoriaux ont chuté de 5,2 % depuis le début de l'année. A cela s'ajoute un élément conjoncturel, constate le PDG de la FNAC, avec, « depuis le début de l'année, une décélération sans précédent des marchés de produits techniques en France de l'ordre de - 5,5 % ». Tout cela devrait se traduire par un chiffre d'affaires semestriel en retrait et des résultats décevants lors de la communication des comptes semestriels de sa maison mère le 29 juillet.


Dans cet environnement difficile et tandis que se profile à l'horizon la sortie de la FNAC du périmètre de PPR - comme l'a annoncé fin 2009 le PDG du groupe d'habillement et d'accessoires luxe et « life style », François-Henri Pinault -, Alexandre Bompard a donc annoncé mardi en interne et devant la presse « la nécessaire mise en place d'un projet de transformation très profond ». Un chantier ambitieux (lire second article en page 2) pour ce jeune (trente-huit ans) patron, néophyte dans le secteur de la distribution mais qui s'est entouré, il est vrai, d'une équipe de direction sensiblement remaniée. « La nécessité, c'est de bâtir un plan qui vise à faire naître une nouvelle FNAC, résolument tournée vers l'avenir. Pour l'initier et le porter, j'ai constitué une équipe avec des managers déjà présents dans l'entreprise et des nouvelles personnalités », justifie Alexandre Bompard.


Des investissements

L'offensive, destinée à redonner à la FNAC son statut d'enseigne « référente », va nécessiter des investissements qu'à ce stade son patron ne détaille pas. Tout juste, souligne-t-il, le « rôle crucial » de l'actionnaire qui, assure-t-il, « gère la FNAC comme si elle avait vocation à rester au périmètre du groupe ». Elle a contribué en 2010 pour près d'un tiers au chiffre d'affaires de PPR (31 % ) et pour 12 % au résultat opérationnel courant (contre 14 % en 2009). De quoi trouver donc des ressources « à la fois à la hauteur de l'ambition qui est la nôtre et réaliste », assume Alexandre Bompard.


L'ambition ? « Renouer de manière pérenne avec une croissance tangible de notre chiffre d'affaires qui portera ses fruits en termes de rentabilité », affiche sobrement le président de la FNAC, sans préciser d'objectifs chiffrés. Quant à la vente, pas question de l'évoquer encore. « Ce plan n'est pas court-termiste », martèle-t-il.

ANTOINE BOUDET, Les Echos, le 20.07.2011

Dernières actualités