Les secteurs

Aide à l'autonomie : le nombre de bénéficiaires va augmenter de 60 % d'ici à 2040

08.08.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, plus de 2,8 % de la population française serait en âge de recevoir l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) en 2040. Un chiffre qui inquiète les départements, principaux financeurs de la mesure.

Maintes fois évoqués, les chiffres continuent à donner le tournis. De 2010 à 2060, la population française devrait augmenter de 16 % , passant de 64 à 73,6 millions. Selon les derniers chiffres publiés fin juillet par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la part des plus de 80 ans serait multipliée par 2,6 et représenterait 8,5 millions d’individus, soit plus de 12 % du total contre 5 % aujourd’hui. Conséquence directe de cette poussée du grand âge : le recours à l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) serait en nette progression.

Entrée en vigueur en 2002, cette aide, dont le montant est évalué en fonction du niveau de dépendance de la personne âgée, permet de financer des prestations à domicile ou de participer aux frais liés à l’accueil en établissement spécialisé. A la fin décembre 2011, la CNSA évalue à un peu moins de 1,2 million le nombre de bénéficiaires - dont 721.400 sont à domicile et 478.000 sont en établissements. Ce chiffre passerait à 2 millions en 2040, représentant au total plus de 2,8 % de la population française. En trente ans, le nombre de bénéficiaires de l’APA devrait enregistrer un bond de 60 %.


Papy-boom entre 2030 et 2045

Ces estimations corroborent celles de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), rendues en octobre de l’année dernière, qui poussent les projections jusqu’à 2060. D’après l’enquête, le nombre de bénéficiaires de l’APA atteindrait 2,3 millions à cette date, soit un doublement en cinquante ans. A noter que les évolutions seraient disparates selon les périodes. De 2020 à 2030, l’évolution serait faible. Puis, comme le constate aussi la CNSA, l’arrivée à l’âge de 80 ans des générations issues du baby-boom doperait le nombre d’allocataires entre 2030 et 2045. Par la suite, la DRESS observe une période de ralentissement entre 2045 et 2060. « Cela correspond [...] à un rythme moyen d’évolution [...] de + 1,4 % par an sur la période 2010-2060 », conclut l’organisme ministériel. Il serait donc erroné de parler d’explosion de l’APA. « Il y a dix ans, on évoquait un ‘‘tsunami’’ de la dépendance. C’est loin d’être le cas. Il y a évidemment une progression mais elle est plus régulière qu’on ne le pensait », renchérit Marc Bourquin, directeur du pôle médico-social de l’Agence régionale de la santé (ARS) d’Ile-de-France.


Ces projections sont à coup sûr analysées à la loupe par les conseils généraux. Ces derniers financent, comme l’a fixé la loi, plus de la moitié de l’aide à l’autonomie, le reste étant abondé par l’Etat. Selon l’Assemblée des départements de France, qui a réalisé avec Dexia une étude sur l’action sociale dans les finances départementales rendue publique en avril, « les dépenses consacrées à l’APA - 5,1 milliards d’euros en 2010 -n’ont cessé de croître (+ 5,9 % en moyenne annuelle) ». Les départements tirent la sonnette d’alarme, soulignant que « ce succès pèse lourdement sur [leurs] finances ». « La part des départements dans le financement de l’APA n’a cessé de croître, passant de 56 % en 2002 à 70 % en 2010 », déplorent-ils. Pendant ce temps-là, celle de l’Etat, à travers la CNSA, ne cessait, selon eux, de diminuer.

Marion KINDERMANS, Les Echos, le 03/08/2012

Dernières actualités