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Administration de biens : Foncia renforce sa position de leader en rachetant Tagerim

02.10.2013, source : Les Echos.fr

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Foncia renforce sa position de leader en rachetant l’activité de Tagerim. Tagerim quitte le métier pour financer une nouvelle activité, l’hôtellerie.

L’un choisit de quitter l’administration de biens, l’autre de s’y renforcer. Foncia, déjà syndic de 1,08 million de logements en copropriété et gestionnaire de 285.000 logements locatifs, rachète l’activité du huitième administrateur français, Tagerim. La transaction, d’une taille exceptionnelle pour le secteur (les 17 cabinets rachetés réalisent 46 millions d’euros de chiffre d’affaires) fait tomber dans l’escarcelle du numéro un français 72.000 lots supplémentaires de copropriétés et 35.000 biens en gestion locative. De quoi creuser l’écart avec le numéro deux, Nexity, et le troisième, Citya.

L’administration de biens est rentable. Trop, au goût de l’association des responsables de copropriétés (lire encadré)…. Mais si, voilà trois ans, on s’arrachait les cibles d’acquisiton, aujourd’hui la profession a moins le vent en poupe. De surcroît, le projet de loi sur le logement (Alur) inquiète. Selon nos informations, cette année, le septième acteur français, Belvia, a été discrètement mis en vente. En vain.

Une gestion plus lourde

La rentabilité du secteur s’effrite. Ce dont Foncia compte bien tirer parti. La baisse des taux d’intérêt diminue les produits financiers tirés par les syndics du placement des fonds des copropriétés. De surcroît, Alur va leur imposer un compte séparé pour chaque copropriété, et c’est elle qui percevra les produits. « Cela impliquera une gestion très lourde, il va falloir ouvrir des myriades de comptes. Alur impose aussi un extranet destiné aux copropriétaires. Or beaucoup d’indépendants sont à des années-lumière de ce niveau d’informatique, commente le président de Foncia, François Davy. Par ses contraintes, Alur va entraîner une consolidation du secteur au profit des plus gros et des plus performants. Elle nous favorise. » D’où la course à la taille de Foncia, qui développe aussi de nouveaux services. Il lancera en 2014 une filiale faisant office de centrale d’achat (et même BTP à partir de 2015).

Côté Tagerim, cette cession n’est pas une fuite, assure-t-on, mais un choix patrimonial du fondateur et propriétaire du groupe, Jérôme Quentin-Mauroy. « Nous avons acheté un premier hôtel en 2011 puis 3 autres depuis l’été 2012 et poursuivre les acquisitions nécessite des fonds propres », explique-t-il. Tagerim achète les murs et assure l’exploitation sous la marque 9Hotel. Cela rapporte plus de cash que l’administration de biens, constitue un patrimoine sûr et fait travailler l’autre branche de Tagerim, la promotion immobilière. « Nous avons aujourd’hui quatre 3 étoiles d’une cinquantaine de chambres chacun, dont trois à Paris et un à Bruxelles, poursuit-il. La priorité maintenant est Londres et Barcelone. Nous sommes aussi en négociation pour le rachat d’un ensemble regroupant quatre 4 étoiles à Paris, représentant 288 chambres, et un 5 étoiles de 115 chambres dans le Sud de la France. » Ces actifs (vendus par un fonds d’investissement et deux « family offices ») nécessite des capitaux. Typiquement, à Paris un 4 étoiles rénové vaut 750.000 euros la chambre quand c’est, comme là, un ensemble d’actifs et un million d’euros la chambre pour un actif isolé… S’il emporte l’affaire, Tagerim atteindrait la mutation qu’il vise : l’hôtellerie passerait immédiatement de 5 % à 25 % de son résultat net (7 millions au total en 2012 et 6 millions prévus cette année) et le solde ne serait plus que de la promotion.

Myriam CHAUVOT, Les Echos, 01/10/2013

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