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ACI bouscule les standards de l'hôtellerie outre-mer

04.05.2013, source : Les Echos.fr

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Le groupe martiniquais compte réunir 30 millions d’euros pour construire une quinzaine d’hôtels destinés à la clientèle professionnelle.

Bien pourvus en hôtels destinés aux touristes, les départements français des Antilles, de Guyane et de l’océan Indien manquent d’établissements adaptés aux voyageurs professionnels et encore davantage de chambres standards à prix abordable pour les entreprises.

Fort de ce constat, le groupe familial martiniquais ACI Outremer, qui emploie une trentaine de collaborateurs, vient d’annoncer la création de la société d’investissement HBC Capital. Bénéficiant du régime fiscal associé au capital-risque, elle compte recueillir, d’ici à la fin 2014, 30 millions d’euros de souscriptions destinés à prendre des participations minoritaires dans le capital d’entreprises ayant pour objet la construction, l’acquisition et l’exploitation d’hôtels économiques, standardisés et normés. « Nous avons choisi d’investir dans ce type de produit car il est inexistant dans les DOM », explique Stéphane de Raynal, président du groupe ACI Outremer. Cela devrait permettre de financer 16 hôtels deux et trois étoiles, pour un total de 1.500 chambres à l’horizon 2016. Cinq établissements sont prévus à La Réunion, quatre en Guadeloupe, trois en Martinique et quatre en Guyane. ACI fait état de projets « identifiés et sécurisés » pour la moitié d’entre eux.

Expérience du terrain

HBC Capital s’appuie pour cela sur le savoir-faire du groupe Louvre Hôtels, qui va déployer ses hôtels Première Classe pour les premiers prix et Campanile pour les clients un peu plus exigeants en termes de confort tels que les compagnies aériennes qui doivent loger leur personnel naviguant. Concrètement, ces hôtels seront exploités par des filiales de HBC Capital - une par établissement - en partenariat avec BC Hôtels, holding détenu par ACI Capital Outremer. Le groupe martiniquais s’est également rapproché d’Icade qui se charge de la construction des bâtiments. Dans certains cas, ces derniers pourront être intégrés dans des ensembles plus vastes tels que pôles tertiaires ou zones commerciales et aéroportuaires. Surtout, contrairement aux hôtels touristiques implantés en bord de mer, ils seront situés à proximité des endroits où leurs clients exercent leurs activités, un plus incontestable sur ces territoires sujets à d’importants embouteillages. Pour la réussite de son projet, le groupe ACI Outremer met en avant son expérience du terrain, dont il est issu. « Dans nos calculs, nous prenons évidemment en compte les particularités géographiques, économiques et sociales que nous connaissons bien puisqu’elles sont notre quotidien », explique Eloi Arminjon, fondateur associé du groupe ACI Outremer. « Nous avons financé quelque 4.000 projets dans les DOM, des fermes avicoles, des élevages porcins, des industries agroalimentaires, des cimenteries mais aussi du matériel de travaux publics, des avions et des bateaux pour les liaisons inter-îles et nous n’avons pas enregistré un seul sinistre parmi nos opérations », affirme Stéphane de Reynal.

Dominique MALECOT, Les Echos, 02/05/2013

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