Achat : FNAC Darty conclut un accord avec Carrefour

2017-12-10T14:23:00+02:00

10.12.2017, 


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Les deux groupes vont mutualiser leurs achats sur les produits électroménagers et électroniques grand public en France.

Décidément, FNAC Darty ne peut se passer d'Alexandre Bompard. Le 5 décembre, le groupe a officialisé un accord à l'achat - destiné à réduire ses coûts - sur les produits électroménagers et d'électronique grand public en France avec Carrefour, désormais dirigé par l'ancien patron de FNAC Darty. Cette coopération, qui reste soumise à « l'information préalable » de l'Autorité de la concurrence, devrait « être effective pour les négociations fournisseurs de 2018 », précise le groupe dans un communiqué. Il souligne par ailleurs que chacune des deux parties, maintiendra sa « politique commerciale propre ».

Ce type d'alliance n'est pas inédit dans la distribution. Il y a un an, Casino s'était associé à Conforama pour créer une centrale d'achats commune, déjà, pour les produits électroménagers et électroniques en France. Dans la foulée, Auchan s'était allié au spécialiste de l'électronique Boulanger. Avec dans l'idée, dans les deux cas, de répliquer au rapprochement de FNAC et Darty...


Un plan stratégique sans aspérités

L'annonce du partenariat entre FNAC Darty et Carrefour, guettée par les observateurs, a relégué au second plan la présentation par Enrique Martinez, le successeur d'Alexandre Bompard à la tête de l'enseigne de biens culturels et d'électrodomestique, du nouveau plan stratégique de FNAC Darty. Un plan baptisé « Confiance + » ne présentant pas d'aspérités notables. Il s'est même avéré presque aussi plat que les Pays-Bas où l'entreprise exploite l'enseigne BBC. Objectifs : « inscrire le groupe dans une dynamique durable de conquête », « une croissance supérieure (aux) marchés » et « une marge opérationnelle de 4,5 % à 5 % ».


La meilleure expérience omnicanale

Certes, dans le communiqué publié, le nouveau directeur général de FNAC Darty explique : « Notre plan va également s'appuyer sur la qualité exceptionnelle des équipes pour offrir à nos clients la meilleure expérience omnicanale d'Europe ». Il est aussi question de « déployer un écosystème enrichi permettant d'offrir la meilleure proposition de valeur à ses clients ». Pas un mot, en revanche, sur d'éventuelles synergies avec la branche de produits techniques de l'allemand Metro (Ceconomy) qui est devenu le nouvel actionnaire de référence (24,33 % du capital) en remplacement de la famille Pinault. Si on osait, on dirait que le plan FNAC Darty est « à la Ceconomy » !

Pour résumer, il s'agit de continuer comme aujourd'hui. L'ambition est précisément de tripler le volume d'affaires de la place de marché commune aux deux enseignes, d'étendre le service après-vente de Darty aux appareils connectés, d'ouvrir 200 franchises supplémentaires en France (on en compte déjà 400).

A sa décharge, Enrique Martinez ne peut s'inscrire que dans la continuité d'une stratégie qu'il a contribué à mettre en place sur le plan opérationnel. Et « Confiance + » doit finir d'absorber le choc de la fusion entre FNAC et Darty. On ne peut réaliser tous les jours un virage stratégique aussi serré. Le plan de synergies de 130 millions d'euros destiné à financer l'acquisition ne sera achevé que fin 2018, comme prévu.


Electroménager

A l'heure des budgets d'investissement mesurés (100 à 110 millions d'euros annuels dont un tiers pour la rénovation des magasins), les partenariats sont privilégiés. Par la franchise d'abord, qui vise à séduire le demi-millier de commerçants indépendants subsistant en France dans le secteur, l'ouverture de sa plateforme d'achat (avec Carrefour par exemple, ce qui ajouterait de 3 à 4 milliards de volumes aux 7 milliards de FNAC Darty). Par la place de marché Internet ensuite, même s'il n'est pas prévu d'y accueillir d'autres grandes enseignes que FNAC et Darty pour l'heure.

Ce peut être aussi par des collaborations plus « physiques ». « Nous sommes prêts à travailler avec d'autres distributeurs pour des corners ou des magasins, comme nous le faisons avec Intermarché », affirme Enrique Martinez aux « Echos ». Lequel n'exclut pas non plus « de petites acquisitions tactiques dans les pays où le groupe est implanté [péninsule ibérique, Belgique, Suisse ainsi que le Moyen-Orient et l'Afrique en franchise, NDLR] ». « Nous avons de grandes ambitions sur le blanc, l'électroménager », confie-t-il également. L'avenir de FNAC Darty passe, aussi, par la machine à laver.

Philippe BERTRAND, Les Echos, le 05/12/2017

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