AccorHotels renonce à commercialiser d'autres hôtels sur Internet

2017-11-12T08:53:00+02:00

12.11.2017, 


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Le groupe hôtelier a décidé de fermer sa place de marché ouverte à des établissements indépendants. Annoncée en juin 2015, cette initiative n’a pas eu le succès escompté.

C’est un revirement pour AccorHotels : le champion français de l’hôtellerie, numéro six mondial de son secteur, a décidé d’arrêter d’ici à la fin de l’année, sa « place de marché », c’est-à-dire l’ouverture de sa plate-forme de réservation à « une sélection d’hôteliers indépendants », a révélé l’édition électronique du mensuel « L’Echo touristique ».

Initiative inédite

Annoncée en juin 2015, la création de cette place de marché constituait un élément clef de la stratégie numérique du PDG d’AccorHotels, Sébastien Bazin. Ce dernier comptait en effet, avec cette initiative inédite mieux rivaliser avec les grands acteurs de la réservation sur Internet, les Booking.com, Expedia et consorts, en renforçant l’offre d’AccorHotels avec un parc additionnel exploité par des tiers non franchisés. Le groupe, qui commercialisait alors quelque 3 700 établissements, entendait porter leur nombre, d’ici à fin 2018, à plus de 10 000, dans 328 villes de 80 pays. « C’est une décision très profonde, réfléchie », avait souligné à l’époque Sébastien Bazin, assumant le risque de cannibalisation par « le développement des flux » de réservation.


Réflexe

De l’aveu de la direction, cette place de marché donne lieu à « des taux de conversion relativement faibles » pour les quelque 2 000 hôteliers indépendants concernés. En conséquence, le groupe serait contraint à investir davantage encore dans leur référencement Internet. L’abandon de sa place de marché devrait, a contrario, ravir bien des franchisés, le projet ayant été perçu comme étant l’émergence d’une concurrence interne.


Impulsion

Ce revirement intervient aussi à l’heure où la nouvelle responsable du « digital » d’AccorHotels, Maud Bailly, une transfuge de la SNCF en poste depuis le 3 avril, doit donner une nouvelle impulsion au groupe dans toutes ses dimensions numériques - vente, fidélisation, nouveaux services...-, trois ans après  le lancement d’un premier plan de transformation. Cette impulsion passe notamment par une meilleure mise en avant des marques du groupe, en particulier les plus récentes, de l’offre de résidences privées sous la marque onefinestay aussi, plus largement d’une dynamisation des revenus des hôtels.


Nouvelle équipe

Elle passe aussi par une nouvelle équipe. Après celui de Romain Roulleau, le pôle numérique d’AccorHotels a connu deux autres départs de poids, celui des dirigeants de la filiale Fastbooking, Guillaume de Marcillac et Jean-Luc Chrétien, un « vieux routier » d’AccorHotels. Par ailleurs, est annoncée l’arrivée prochaine de Gilles de Richemond, le « Monsieur techno » de Voyages-sncf.com. Il suivra de peu l’ancien directeur général de cette filiale de la SNCF, Franck Gervais, depuis le 1er novembre patron Europe de l’ensemble des activités d’AccorHotels (hors immobilier), un nouveau poste d’ailleurs.

Christophe PALIERSE, Les Echos, le 08/11/2017

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