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Accor : Pélisson ne convainc pas les syndicats sur l'idée d'une scission

11.12.2009, source : Les Echos.fr

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L'intersyndicale française du groupe Accor, devant laquelle son PDG, s'est exprimé hier, reste inquiète des conséquences d'une séparation entre l'hôtellerie et le pôle services.
Dans l'hypothèse où le conseil d'administration d'Accor déciderait mardi prochain d'engager la scission du groupe, son PDG aura fort à faire pour convaincre les syndicats français de salariés du bien fondé de l'opération. Intervenant hier matin lors du comité de groupe d'Accor France, Gilles Pélisson n'a en effet pas réussi à justifier de la pertinence d'une telle rupture _ historique pour l'entreprise quadragénaire _, ni à rassurer son auditoire quant aux conséquences sociales. Ce point vaut tout particulièrement pour l'hôtellerie, dont le modèle économique sera bien davantage aligné sur le modèle nord-américain du gestionnaire de marques à la détention d'actifs la plus réduite possible.
« Il a tenté de nous rassurer », résumait après coup le représentant CGC, Didier Chastrusse, son homologue de la CGT, Michel Légalité, relevant qu' « aux inquiétudes sociales Gilles Pélisson répond en parlant de valorisation boursière ». Comme le soulignait notamment la secrétaire FO du comité de groupe, Iliane Dumas, une « grosse partie » de la séance de questions-réponses de la réunion a pourtant justement porté sur l'éventualité d'une opération, qui se traduirait par la mise en Bourse du pôle Services d'Accor. Or, si Gilles Pélisson « a défendu largement la « pertinence » d'une scission », l'intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT-FO n'en a pas moins indiqué dans un communiqué, publié en fin d'après-midi, que « les organisations syndicales ont réaffirmé au président directeur général l'inquiétude légitime des salariés du groupe face aux changements prévisibles liés à cette scission » . « La modification du mode de gestion des hôtels, à savoir le développement de la franchise et du contrat de management, contribue notamment à cette légitime inquiétude », a ajouté l'intersyndicale, concluant : « L'ensemble des organisations syndicales, à ce jour, ne sont pas convaincues de la pertinence et de la pérennité de ce nouveau modèle économique ».
Si Gilles Pélisson a souligné que la séparation n'est pas, à ce stade, décidée, les syndicats ne se font guère d'illusions : « Les dés sont jetés », estime notamment Didier Chastrusse, de la CGC. De fait, le projet pourrait être mis en oeuvre en juin prochain « au plus tôt », ou en novembre 2010, ou au plus tard en 2011, a indiqué, à titre indicatif, le PDG d'Accor, selon des sources syndicales concordances.
Dans cette hypothèse, les instances représentatives des salariés seront bien entendu tenues informées, a indiqué Gilles Pélisson, qui n'a guère prisé le communiqué « musclé » et alarmiste, publié mardi par l'intersyndicale. Cette dernière a pris acte de « l'engagement » du PDG d'Accor.
CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos le 10/12/09
 

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